Après avoir été au centre d’une polémique, suite à sa mise sous tutelle de l’industrie pharmaceutique, l’Agence nationale des produits pharmaceutiques (ANPP) aspire aujourd’hui à rattraper le temps perdu avec comme principal objectif accomplir sa mission de contrôle et de la disponibilité du médicament ainsi que relever le défi de la facture d’importation. Intervenant, hier, sur les ondes de la Chaîne III de la Radio nationale, le directeur de l’ANPP, le Pr Kamel Mansouri, affirme que cette agence n’est réellement opérationnelle que depuis juillet 2020, alors qu’elle a été créée en 2008. Il souligne à ce sujet que, suite à la restructuration et aux nouvelles acquisitions de l’agence, «on a maintenant une Agence qui est opérationnelle et effective tant bien que mal». Ajoutant toutefois qu’«il reste beaucoup de choses à faire pour son développement».
Il précise à ce sujet qu’une fois légalement installée, l’ANPP a enfin eu un nouveau siège opérationnel, le personnel a été nommé et la structure a été dotée d’un budget conséquent avec revalorisation des salaires et payement des arriérés. Des acquis qui, selon le premier responsable de cette agence, lui a permis de commencer efficacement sa mission qui est le contrôle, la disponibilité du médicament et la réduction de la facture d’importation.
A propos de la régulation du marché du médicament, le directeur de l’ANPP tient à mettre en exergue qu’«en cas de besoin d’un médicament sur le marché, on est obligé de l’enregistrer et parfois dans des conditions particulières. Quand le médicament est indiqué en urgence, là, on est obligé d’activer le processus de production sur demande des instances qui transmettent la demande des prescripteurs selon les normes internationales». Toutefois, le véritable défi, aujourd’hui, pour le secteur de l’industrie pharmaceutique, est de changer son fusil d’épaule, soit investir dans le bio-thérapeutique que de poursuivre dans les thérapies chimiques afin d’atteindre l’objectif de réduire de 400 millions de dollars, la facture d’importations du médicament. «Etant donné que la sphère du médicament a connu des révolutions à l’échelle mondiale, notre challenge est de passer du médicament chimique au médicament bio-thérapeutique. Donc, c’est d’assurer le passage de cette catégorie de médicament en procédant par l’évaluation, son contrôle et la promotion de sa production nationale», déclare Kamel Mansouri. Affirmant que «cette catégorie de bio-médicaments indiqués, par exemple, en hématologie, en oncologie, maladies orphelines, dérivés sanguins, anticoagulants est celle qui coûte le plus au budget de l’Etat». Dès lors, le véritable défi est d’encourager les opérateurs nationaux privés, installés en Algérie, afin qu’ils contribuent à la réduction de la facture d’importation et répondent aux besoins de la Pharmacie centrale algérienne (PCA), chargée à son tour d’approvisionner les centres et établissements hospitaliers et universitaires. Au final, le contexte mondial de pandémie de la Covid-19 a servi de piqure de rappel sur l’enjeu stratégique de la souveraineté d’une nation en termes de médicament. Dès lors, il devient plus que crucial de sortir des palabres récurrents pour construire une véritable stratégie efficace à long terme, ajouté l’intervenant. <