Outre les institutions existantes, à l’instar de l’Inspection générale des finances, le Conseil national de la Chambre des commissaires aux comptes se propose d’assurer le contrôle des institutions publiques, dont les APC et APW. Dans une conférence de presse tenue hier à Alger, Larbi Redjimi, président du Conseil précise d’emblée que le contrôle sera «permanent».

Mais une question se pose : le CNCC assurera-t-il la même mission que les autres organismes ? A cette question, le conférencier précise que le Conseil qu’il préside aura une tâche différente. Il pourra vérifier toutes les données de la gestion, la réglementation sociale, commerciale, légale et en cas de dépassements graves, «s’adresser directement au procureur». Sur le même registre, M. Redjimi déplore l’absence d’une «comptabilité d’engagement», ce qui engendre inéluctablement, selon ses dires, une «absence d’informations inhérentes aux créances et dettes dans les rapports financiers». Devant une telle situation, le CCNC «exige un inventaire physique pour éviter tout dépassement». On précise à ce sujet, qu’à titre d’exemple, le Maroc, qui compte bien s’inscrire dans cette dynamique vertueuse, a adopté la loi organique des finances en juin 2015, marquant ainsi un remodelage profond des finances publiques. Cette réforme structurante a pour toile de fond la sincérité des comptes publics, l’introduction de la comptabilité patrimoniale, l’efficience dans l’action publique, l’évaluation de la performance et la reddition des comptes. A cela s’ajoute le renforcement du contrôle parlementaire, qui demeure encore faible. Pour atteindre les objectifs escomptés, la loi organique précitée, qui prévoit la réforme de la comptabilité publique basée sur les droits constatés, octroie à la Cour des comptes une nouvelle mission de taille, celle de la certification des comptes de l’Etat. Cette réforme de la comptabilité publique, qui devait entrer en vigueur début janvier dernier, devrait donner une vision fidèle, exhaustive et plus transparente de la situation financière et patrimoniale, tout en permettant de mieux appréhender les richesses, les dettes et les engagements de l’Etat. En France, le Haut conseil du commissariat aux comptes jouit de larges pouvoirs et d’une grande indépendance vis-à-vis des contrôleurs légaux et aux cabinets d’audit. La structure est dotée des ressources humaines, financières et logistiques nécessaires pour mener à bien ses enquêtes, loin de toute influence des contrôleurs légaux eux-mêmes. D’autre part, l’orateur annonce la tenue des 7es Assises nationales du commissariat aux comptes qui auront lieu à l’université Mentouri à Constantine, les 6 et 7 mai prochain. L’évènement verra la participation de 800 personnes, dont d’éminents experts nationaux et étrangers. Répondant aux questions des journalistes, M. Redjimi précise, à propos de la  formation des commissaires aux comptes, qu’il a été prévu la création d’un institut de formation, sous tutelle du ministère des Finances, qui délivrera des diplômes de commissaire aux comptes. Toutefois, l’institut spécialisé n’est toujours pas opérationnel.