Un Colloque international sur la contrefaçon de deux jours, hier et aujourd’hui, se déroule à l’hôtel El Aurassi (Alger).

Cet évènement, organisé à l’initiative du World Trade Center Algérie (WTC Algérie), a été l’occasion de faire le point sur le phénomène de la contrefaçon qui alimente le marché national. D’ailleurs, le ministère du Commerce et les Douanes algériennes ont proposé, hier, lors du colloque d’adopter une série de recommandations pour faire face à ce phénomène. Le directeur de la régulation et de l’organisation des activités au ministère du Commerce, Abdelaziz Aït Abderrahmane, a annoncé à ce propos que la loi 09-03 du 25 février 2009, relative à la protection du consommateur et de la répression des fraudes, sera amendée au cours de l’année 2018. Le responsable a souligné qu’il s’agit particulièrement de l’amendement de l’article 61-bis de ladite loi de manière à autoriser les organismes de l’Etat, comprendre les agents de contrôle du ministère du Commerce et les Douanes algériennes, de procéder à des mesures conservatoires sur la base de simples présomptions de contrefaçon.
De son côté, Hocine Saibi, conseiller principal du World Trade Center Algérie – une organisation appartenant au réseau de plus de 300 WTC implantés dans environ 100 pays et regroupant plus de 750 000 entreprises – a suggéré de coordonner les efforts des pouvoirs publics et d’inciter les entreprises algériennes à faire un peu plus attention à la contrefaçon dont peuvent faire l’objet leurs produits. «La contrefaçon est non seulement source de préjudice économique, mais également un problème de santé publique. Malgré l’arsenal juridique en vigueur, aucun secteur n’est épargné par ce fléau. Environ 800 000 produits contrefaits ont été saisis en 2016. Ils viennent pour la plupart de Chine», a déclaré à ce propos Hocine Saibi.
Les chiffres avancés par M. Saibi sont corroborés par ceux présentés par l’inspecteur divisionnaire des Douanes, Yazid Ould Larbi. «Selon un bilan non consolidé, les Douanes ont procédé à la saisie d’un total de 454 929 produits contrefaits depuis janvier 2017 à ce jour. Ces produits se déclinent en des articles scolaires, des produits alimentaires, des produits électriques, des cosmétiques, des pièces détachées et des accessoires de téléphones portables», a énuméré le représentant des Douanes.
Intervenant à son tour, Dounia Kaci-Chaouche, directrice de la coopération et des enquêtes spécifiques au ministère du Commerce, a recommandé la création d’un observatoire national et de brigades mixtes Commerce-Douanes afin de contrecarrer le phénomène. Elle a aussi proposé de mettre à contribution le mouvement associatif et les associations de protection des consommateurs.
En fait, le volet prévention a été fortement recommandé par les participants au colloque. Ils ont également invité les entreprises lésées par la contrefaçon à se rapprocher des organismes prévus à cet effet. Pour rappel, l’alerte sur une contrefaçon peut être donnée par une requête adressée aux Douanes. Les Douanes peuvent aussi agir d’elles-mêmes.