Par Nadir Kadi
Rare conséquence «positive» de la crise sanitaire de la Covid-19 et de la «fermeture des frontières» qui s’en est suivie : la contrebande de cigarettes entre l’Algérie et les pays du continent européen a chuté de près de 78% durant l’année 2020, selon le dernier rapport du cabinet d’audit KPMG France.
Le document, qui recense les principaux flux de cigarettes et tabac de contrebande, explique en ce sens que «les flux provenant d’Algérie, historiquement une source importante de flux entrants vers la France, ont diminué de 78% pour atteindre 0,4 milliard de cigarettes en 2020». Le rapport, qui rappelle que la consommation totale des cigarettes «non domestiques» en France est estimée à 15,44 milliards de cigarettes, ajoute que la baisse de l’exportation illégale depuis l’Algérie s’explique par les multiples restrictions aux frontières : «Les voyages aériens et maritimes entre la France et l’Algérie ont baissé en raison de la fermeture des frontières et de la cessation des vols d’une compagnie aérienne majeure fin 2019».
L’enquête du cabinet d’audit laisse en ce sens apparaître que la majeure partie de la contrebande entre les deux pays reste non organisée et s’apparente à un trafic «opportuniste» de certains voyageurs à cause de la différence des prix de vente du tabac. L’historique du flux de cigarettes de contrebande entre l’Algérie et la France montre dans cette même logique que l’année 2016 avait été marquée par un trafic record de près de 2,8 milliards de cigarettes de contrebande vers la France. Un chiffre en constante diminution ces dernières années, mais qui a toutefois connu une «chute» brutale en 2020, en parallèle avec la baisse des voyages entre les deux pays, qui est estimé «à 75%» de déplacements en moins.
Rapport du cabinet KPMG qui a été commenté par le fabricant et distributeur de cigarette Philip Morris, son Directeur en Algérie Christian Akiki explique en substance que l’entreprise travaille à augmenter la traçabilité de ces produits afin d’en limiter le trafic : «Dans le cadre de ses efforts de lutte contre le commerce illicite, PMI (Philip Morris International) continuera d’investir de manière significative dans les contrôles de la chaîne d’approvisionnement par le biais de mesures de prévention et de protection, en mettant en œuvre une technologie de pointe en matière de suivi et de traçabilité, et dispose de protocoles stricts de diligence pour tous les clients et fournisseurs». PMI travaillerait ainsi avec les différentes autorités chargées de l’application de la loi et d’acteurs privés dans le monde «pour identifier et mettre fin aux opérations de contrefaçon et de contrebande».
Fabricant et distributeur de tabac qui annonce par ailleurs qu’il s’oriente vers la commercialisation de produits «moins nocifs». Cette «transformation de l’industrie du tabac» devrait aboutir, selon le communiqué de PMI, à la mise en avant des «produits sans fumée», notamment des «produits qui ne brûlent pas et des produits à vapeur contenant de la nicotine». Le fabricant reconnaît toutefois que ce type de dispositifs n’est pas dépourvu de risques pour la santé : «PMI construit un avenir avec une nouvelle catégorie de produits sans fumée qui, bien qu’ils ne soient pas sans risque, constituent un bien meilleur choix que de continuer à fumer. Grâce à des capacités pluridisciplinaires dans le développement de produits, des installations de pointe et des preuves scientifiques, PMI vise à s’assurer que ses produits sans fumée répondent aux préférences des consommateurs adultes et aux exigences réglementaires assez rigoureuses». n