Le Premier ministre lance un appel aux Algériens sur la nécessité de respecter le dispositif de prévention et de lutte contre la propagation du nouveau coronavirus. Son exhortation à la vigilance intervient après une séance d’évaluation avec les services concernés de la situation sanitaire dans le pays, dimanche dernier. Abdelaziz Djerad, qui s’est exprimé dans le contexte de rentrée sociale et de reprise d’activités et de rituels qui étaient jusque-là placés sous confinement, avertit que «la situation dans notre pays (…) montre aujourd’hui des signes perceptibles de relâchement». Ils «suscitent, prévient-il, la crainte d’une résurgence de cas de clusters et doivent inciter, non seulement à la prudence, mais surtout à une plus forte mobilisation et un engagement de tous pour freiner la propagation» de la maladie. Le Premier ministre donne de la voix et clame que «tous les efforts doivent être déployés pour maintenir un degré de vigilance maximum et préserver tous les réflexes de prévention et de protection qui ont permis, jusque-là, de nous prémunir d’une situation qui complique toute prise en charge sanitaire».

Le Premier ministre Abdelaziz Djerad est en effet monté au créneau, dimanche dernier, pour la deuxième fois en moins d’une semaine, afin d’exhorter les Algériens à redoubler de vigilance et de discipline dans le respect strict des gestes barrières. D’autant plus que le contexte actuel est marqué par l’accélération de la pandémie dans le monde et la multiplication des contaminations en Algérie.
Il a ainsi appelé au sens de la responsabilité des Algériens dans le contexte de la «vague dangereuse qui déferle sur le monde actuellement».
Dans un tweet sans équivoque, publié avant-hier, le Premier ministre a ainsi déploré : «Je constate avec regret un certain relâchement dans l’observation des mesures préventives contre la Covid-19 dont la distanciation sociale, le port obligatoire du masque et l’utilisation des gels hydro-alcooliques». Soulignons que mercredi dernier, il avait déjà déclaré que «la situation épidémiologique demeure critique et il est impératif de déployer davantage d’efforts pour éradiquer l’épidémie».
D’autant plus que ces derniers jours, la hausse des cas de contaminations coïncident avec la levée de plusieurs mesures restrictives, dont la réouverture des écoles, des mosquées et des transports en prévision de la rentrée universitaire.
Misant sur une réelle prise de conscience des citoyens, Abdelaziz Djerad affirme également qu’«il est de notre devoir de penser à protéger notre société, particulièrement les médecins qui résistent depuis des mois face à cette Pandémie, de penser à nos enfants qui ont rejoint les bancs de l’école et aux fidèles qui s’apprêtent à se rendre à la prière du vendredi».
Cet appel a aussi été relayé, le même jour, soit avant-hier, par les services du Premier ministère dans un communiqué plus explicite où il est indiqué : «Après consultation du Comité scientifique et de l’autorité sanitaire et l’évaluation de la situation sanitaire à travers le territoire national, le Premier ministre, M. Abdelaziz Djerad, lance un appel aux citoyens et citoyennes sur la nécessité de poursuivre, avec rigueur et responsabilité, la mise en œuvre des mesures de consolidation du dispositif de prévention et de lutte contre la propagation du coronavirus.»
Dans le cas de l’aggravation de la situation, cela engendrerait un scénario catastrophe qui pourrait conduire à des «actions préventives» en l’occurrence un «durcissement des mesures restrictives sur «le déplacement des personnes et les activités susceptibles d’aggraver la situation» qui sont en train d’être prises par de nombreux pays à travers le monde.
Un avertissement est ainsi lancé par le gouvernement d’autant plus que les services du Premier ministère ont souligné que «la situation dans notre pays, et après une maîtrise de la situation sanitaire et l’enregistrement de résultats forts encourageants, montre aujourd’hui des signes perceptibles de relâchement», estimant que ces signes «suscitent la crainte d’une résurgence de cas de clusters et doivent inciter, non seulement à la prudence, mais surtout à une plus forte mobilisation et un engagement de tous pour freiner la propagation du coronavirus».

Eviter la crise socio-économique dans un contexte déjà difficile
Cette sortie du Premier ministre sur divers supports de communication est un indice fort des risques de l’aggravation de la situation en Algérie d’autant plus que les professionnels de la santé alertent depuis quelques jours sur l’important flux de malades suspectés d’être contaminés par la Covid-19 avec, pour conséquence, un fort risque de saturation des hôpitaux.
Des professionnels risquent d’être dépassés si la situation s’aggrave, car ils n’ont pas eu de répit depuis plusieurs mois et sont au bord de l’épuisement après avoir payé un lourd tribut avec plus d’une centaine de médecins décédés. Dès lors, le Premier ministre œuvre à sensibiliser les Algériens sur le sacrifice du personnel de la santé en déclarant que «la responsabilité individuelle et collective doit continuer à nous animer pour prémunir la vie des personnes malades et/ou vulnérables et de nos concitoyens et pour partager la charge que supportent notre valeureux corps médical et paramédical en particulier»
Finalement, avec la confirmation de nouveaux foyers de contagion dans au moins sept wilayas à travers le territoire national, si la courbe de contaminations à la Covid-19 continue de monter et que les appels des professionnels de la santé et du gouvernement continuent d’être ignorés par les Algériens le couperet d’un reconfinement risque d’être terriblement tranchant cette fois. Ces appels à redoubler de vigilance lancés presque quotidiennement depuis une semaine aspirent également, en plus de sauver des vies, à sauver les emplois de milliers d’Algériens et ne pas retomber dans la même situation d’il y a quelques mois, où toutes les activités socio-économiques étaient paralysées.
Selon de nombreux experts, les séquelles seraient terribles cette fois pour le secteur économique qui a déjà du mal à se relever après avoir été laminé par la première vague. A l’heure actuelle, l’Algérie est sur une chaussée glissante où le seul moyen de ne pas déraper et d’aller droit dans le mur est de réduire la vitesse de la propagation de la Covid-19. Pour le moment, le seul moyen est le respect de trois gestes simples, pourtant répétés quotidiennement depuis huit mois : éviter les rassemblements, respecter la distanciation physique, le lavage des mains et le port systématique du masque. <