Dans un contexte pour le moins difficile, le projet de loi de finances 2020 semble vouloir concilier les tensions sur la trésorerie de l’Etat et la satisfaction, de manière appuyée, de la demande domestique. L’élaboration de ce projet de loi de finances intervient à l’évidence dans un contexte de contraintes financières pesantes, marqué non seulement par l’instabilité des marchés des hydrocarbures mais aussi par un environnement international en proie à un ralentissement de la croissance. Pour faire face à la contraction des recettes, l’Etat met inlassablement en œuvre des mesures qu’il considère «indispensables» pour préserver le pouvoir d’achat et maintenir un niveau d’investissement susceptible de garantir un seuil acceptable d’activité. Dans une économie nationale à la vulnérabilité éprouvée, la perspective de la mise en œuvre de réformes structurelles, visant à rétablir de manière progressive et durable nos équilibres budgétaires et extérieurs, est une entreprise délicate. En dehors de nouvelles rentrées budgétaires, la loi de finances reste surtout dépendante des fluctuations de la fiscalité pétrolière. Un état de dépendance, véritable collet enserrant l’économie algérienne en mal de diversification. Une situation qu’il faudrait urgemment changer ou avoir l’intelligence d’en alléger le poids. Il est, de fait, temps de remettre le train en marche. L’économie, otage d’une situation politique interminablement instable, est en attente d’un propulseur et d’un cap. L’Etat, même dans une situation d’instabilité politique chronique, devrait se soumettre à une ligne de conduite stricte pour s’émanciper des obstructions qui l’entravent. Encourager davantage les investissements directs étrangers (IDE), limiter les dépenses publiques par des ajustements structurels, assainir l’environnement économique et valoriser les potentialités. La formule n’est pas simple à appliquer, mais elle est inéluctable pour pouvoir se sortir d’une situation devenue à la longue intenable.