A quelques semaines de la rentrée scolaire 2020/21, les enseignants contractuels se préparent à de nouvelles actions de protestation dans plusieurs wilayas afin d’exiger leur intégration automatique dans le corps enseignant et la Fonction publique, et ce, sans passer par un concours de recrutement. Ils envisagent l’organisation d’un mouvement de contestation aussitôt leurs contrats signés pour la nouvelle année scolaire 2020-21, apprend-on de Mustapha Kassad, porte-parole de la Coordination des enseignants contractuels. «Nous comptons nous organiser et poursuivre la lutte pour arracher l’intégration sans condition», dit-t-il. M. Kassad insiste sur la «légitimité» des revendications des contractuels, consistant dans «leur intégration sans condition dans des postes vacants», la priorisation des enseignants remplaçants dans le recrutement, la valorisation de l’expérience professionnelle.
«La tutelle nous fait appel annuellement pour combler le déficit d’enseignants et encadreurs dans les trois paliers, mais refuse de nous titulariser», poursuit notre interlocuteur, qui estime que les contractuels ont «beaucoup plus d’expérience que les nouvelles recrues ce qui leur permet d’honorer la profession et d’être titularisés».
Ces derniers, qui sont au nombre de 10 000 dans les trois paliers de l’Education, revendiquent la régularisation de leur situation comme cela a été le cas pour les titulaires de diplômes recrutés dans le cadre du dispositif pré-emploi, poursuit le porte-parole de la Coordination des enseignants contractuels. Or, le ministre de l’Education Mohamed Oudjaout a fait part de l’impossibilité de les intégrer dans des postes permanents sans passer par un concours de recrutement, expliquant que le recrutement de cette catégorie se fait conformément aux dispositions de l’article 80 de l’Ordonnance 06-03 du 15 juin 2006 portant statut particulier général de la Fonction publique, ainsi qu’à l’article 22 qui stipule que «l’employé contractuel n’a pas le droit d’avoir le statut de fonctionnaire ni le droit de s’intégrer parmi les différentes catégories de la Fonction publique».
Mustapha Kassad souligne que la dernière entrevue avec la tutelle remonte à juin dernier, lorsque la coordination a rencontré le Secrétaire général du ministère qui «nous a promis de trouver des solutions consensuelles. Une promesse restée sans suite», a regretté le porte-parole de la Coordination des contractuels. Les enseignants contractuels sont recrutés par contrat de droit public à durée déterminée, sur des fonctions d’enseignement et d’éducation. Le contrat est signé entre le directeur de l’académie et le contractuel pour une durée maximale d’une année scolaire, lors d’une affectation sur poste resté vacant après le mouvement des personnels titulaires ou pour une durée égale à celui du remplacement en cas de recrutement pour pallier l’absence d’un enseignant momentanément absent.
S’agissant de la rentrée scolaire fixée pour le 21 octobre pour le cycle primaire et le 4 novembre pour le moyen et le secondaire, Mustapha Kassad dit ignorer pourquoi la tutelle n’a pas fixé une date de rentrée nationale, tout en souhaitant que les établissements scolaires disposent des moyens nécessaires pour mettre à exécution le protocole sanitaire.
Sur les réseaux sociaux, la polémique enfle entre corps enseignants et syndicalistes sur la programmation des cours les samedis, une alternative que rejettent certains enseignants et syndicalistes qui craignent «l’épuisement» des enseignants, demandant ainsi de leur arrêter un volume de travail défini. Une préoccupation qui ne gagne pas les contractuels qui «ne sont pas tenus de travailler des heures supplémentaires, suivant la réglementation en vigueur», conclut M. Kassad. <