Après avoir baissé à trois reprises le taux de réserves obligatoires (TRO) durant 2020, la Banque d’Algérie revient à la charge pour tenter, à nouveau, de libérer la liquidité bancaire en réduisant le TRO de 3 à 2%, et ce, à compter du 15 février courant.

C’est ce qu’a indiqué, hier, la Banque d’Algérie dans un communiqué diffusé à l’issue de la réunion de son Comité des opérations de politique monétaire (COPM). C’est la quatrième fois en moins d’une année que la banque centrale intervient sur le taux de réserves obligatoires ; celui-ci a été ramené de 10 à 8%, de 8 à 6% et de 6 à 3%. Désormais, le TRO est fixé à seulement 2%. «La décision prise lors de cette réunion est de nature à permettre de libérer, pour le système bancaire, des marges supplémentaires de liquidité à même de renforcer davantage les capacités de financement des banques, en droite ligne avec la politique nationale de relance et de diversification économique», lit-on dans le communiqué de la banque centrale. La liquidité bancaire a substantiellement baissé ces dernières années se situant à seulement 612 milliards de dinars à fin novembre 2020, en dépit des multiples interventions de la banque centrale durant le même exercice. Cette institution était allée jusqu’à dispenser certains établissements bancaires en mal de fonds de l’obligation de constituer un coussin de sécurité. La Banque d’Algérie avait même baissé son taux directeur à 3,25% dans l’espoir de soutenir les crédits à l’économie. Ceux-ci n’ont évolué que de 3% durant le précédent, lit-on dans le communiqué de la banque centrale. «La croissance des crédits est estimée à 3% pour la fin 2020 en contexte de fort choc interne induit par les effets de la pandémie Covid-19», souligne la Banque d’Algérie.
Cependant, cette institution se veut optimiste quant à la capacité des banques de soutenir la relance économique, précisant que «l’évolution des ressources des banques s’est nettement améliorée comparativement avec son évolution au 1er semestre 2020. Cette évolution positive, observée depuis septembre 2020, a été induite par la mise en œuvre des orientations de politique monétaire menée tout au long de l’année 2020». Les situations mensuelles publiées par la Banque d’Algérie font état d’une liquidité globale qui était passée de 476 milliards de dinars en septembre 2020 à 612 milliards de dinars à fin novembre de la même année. Certes, la course était de tendance ascendante, mais le niveau global de la liquidité bancaire reste tout de même à des niveaux bas. Cela étant, l’institution monétaire nourrit le bon sentiment que les banques puissent accompagner les projets de relance économique que s’est fixés le gouvernement. «Malgré le redressement récent des prix du pétrole, l’évolution du marché pétrolier reste hypothétique et fortement soumise à la reprise de la demande mondiale, en contexte de signaux conjoncturels positifs et d’annonces de plans de relance économique conséquent. Le plan de relance économique national nécessitera un accompagnement certain du secteur bancaire en termes de financement», écrit la Banque d’Algérie, à l’issue de la réunion de son COPM, consacrée, faut-il le souligner, à l’examen des principales évolutions de la situation économique, monétaire et financière nationale et internationale ainsi qu’aux perspectives à court et moyen terme, notamment celle ayant trait à l’évolution de l’inflation, des ressources des banques (liquidité bancaire), du crédit et de la croissance économique.
Par ailleurs, la Banque d’Algérie fait savoir que le niveau modéré de l’inflation moyenne enregistré en 2020, bien qu’il soit en légère hausse par rapport à celui enregistré en 2019, «reste en ligne avec les objectifs de la politique monétaire. Il a atteint 2,4% à fin décembre 2020 contre 1.9% en 2019».