La deuxième tentative de marche, accompagnant la grève des enseignants du cycle du primaire n’a pas été fructueuse.
Elle a été empêchée comme l’avait été la première en date du 17 février dernier, ce qui peut traduire deux positions irréconciliables entre la tutelle et cette organisation qui persiste et signe dans son action.
L’interdiction signifiée aux manifestants de marcher à partir de l’annexe du ministère de l’Education nationale au Ruisseau vers le palais du gouvernement n’a pas pour autant dissuadé les protestataires qui ont tenu à observer un rassemblement. « Nous aurions bien aimé marcher vers le siège du Premier ministère pour faire entendre notre voix et que le chef de l’Exécutif puisse constater notre mobilisation et répondre à nos revendications. Hélas, on continue à ignorer nos doléances plus que légitimes », nous dira, sur place, un enseignant d’une école primaire à l’est d’Alger.
Ils étaient, en effet une centaine d’enseignants parmi les grévistes à se rassembler aux alentours de cette annexe avec l’espoir de tenir la marche prévue. En vain. « Les forces de l’ordre ne voulaient rien entendre », se plaint notre interlocuteur qui tenait à évoquer, en plus de « la légitimité » des revendications, le caractère pacifique de l’action. « Nous avons essayé de marcher comme prévu, mais en vain devant le refus des forces de l’ordre. Plus que cela, nous avons même été empêchés de tenir notre sit-in comme nous l’avons toujours fait », affirme, indigné, Moussa Slimani, membre de la Coordination nationale des enseignants du cycle primaire et également représentant de la wilaya d’Alger. Un autre membre de l’organisation, qui chapeaute cette contestation depuis le 6 octobre dernier, Houssam Maâdjoudj, qui est par ailleurs représentant de la wilaya de Batna, fait part des cas d’arrestations parmi les enseignants venus observer l’action de contestation. « En plus de moi-même, une dizaine d’enseignants grévistes ont été arrêtés par les services de l’ordre avant qu’ils ne soient relâchés plus tard. Je vous dirais aussi que certains enseignants ont été violentés telle que notre coordinatrice nationale de la wilaya d’Oran », ajoutera-t-il. Ce dernier fera également part d’une action simultanée qui allait se tenir au niveau de la place du 1er-Mai, mais dont le traitement réservé par les forces de l’ordre n’était pas différent de celui en vigueur devant l’annexe du ministère. « Certains de nos collègues grévistes ont tenté de tenir un rassemblement au niveau de la place du 1er-Mai, mais ils ont été empêchés également par les forces de l’ordre», a affirmé encore le même syndicaliste.
Quelle sera la réaction de cette organisation syndicale suite au traitement réservé à cette deuxième tentative de marche ? La coordination optera-t-elle pour une radicalisation de ses actions comme annoncé précédemment ? Observera-t-elle une pause pour une meilleure lecture du paysage syndical à l’aune des consultations engagées par la tutelle avec les syndicats du secteur ? Autant d’interrogations qui s’invitent dans un secteur de l’éducation en quête de sérénité et de stabilité.
Ce qui semble être sûr, c’est qu’entre le ministère et la coordination des enseignants du premier cycle, le temps est au rejet. Et il faudrait vraisemblablement des gestes assez forts pour que les rapports se présentent moins conflictuels qu’ils ne le sont actuellement. Il faut rappeler que les revendications de la coordination nationale des enseignants du cycle du primaire portent notamment sur la suppression des tâches qui ne relèvent pas du volet pédagogique ou à défaut bénéficier d’une compensation financière adéquate. Il est question aussi de l’application immédiate et avec effet rétroactif du décret présidentiel 14- 266 qui attribue l’échelon 12 aux enseignants du primaire. La même coordination exige aussi l’unification de la classification avec les autres paliers de l’Education nationale, une revendication qui s’est invitée ces dernières années depuis que ce cycle compte parmi ces enseignants des licenciés de l’Enseignement supérieur.