La grève qu’observent les enseignants du primaire passera, à partir de cette semaine, à une seule journée de débrayage après avoir été de trois jours depuis son déclenchement, le 6 octobre dernier.

La décision a été prise ce week-end par la Coordination nationale des enseignants du cycle primaire, qui a tenu une réunion d’évaluation de ses actions et de la réaction de la tutelle à son mouvement de protestation. Ce mode de contestation va durer trois semaines.
Cette réduction, si elle est de nature à réduire les « pertes pédagogiques », n’annonce pas moins une « escalade » dans le cas où la tutelle ne répondrait pas positivement aux revendications exprimées. La coordination compte, dans ce cas-là, opter pour une grève de…13 jours.
« Cette démarche de réduire l’étendue de la grève permettra un moment de répit aux enseignants grévistes de ce cycle afin de resserrer leurs rangs en attendant de déclencher une grève de 13 jours d’affilée si la tutelle ne répondait pas favorablement aux revendications ou qu’elle n’ouvre pas les portes du dialogue», avons-nous appris de cette coordination. .
Contacté hier par nos soins, le coordinateur national de la wilaya de Bordj Bou-Arréridj, Lotfi Mehargua, a souligné que les concertations menées durant les derniers jours au sein de la coordination ont permis de reconsidérer le mode opérationnel privilégié pour « réduire la durée de la grève cyclique entreprise depuis le 6 octobre dernier à une seule journée au lieu de trois ». Cela se fera parallèlement avec le boycott de toutes les tâches qui ne relèvent pas de la pédagogie telle que la surveillance dans les cantines scolaires. « Notre option prévoit également l’organisation d’une marche nationale vers la fin février à Alger pour faire aboutir nos revendications », a-t-il souligné. Le coordinateur national a ajouté que « la réduction des journées de grève, durant les trois semaines à venir, permettra de reprendre souffle et de resserrer les rangs notamment après la régression du taux d’adhésion que nous avons enregistré durant la semaine en cours ». Ce moment de répit nous permettra sans doute de mieux se préparer à la prochaine étape qui sera caractérisée par
« une véritable escalade si la tutelle ne répond pas favorablement à nos revendications ou n’ouvrira pas les portes du dialogue », explique le même syndicaliste, qui évoque aussi le probable boycott des examens du deuxième trimestre et ce avec l’organisation aussi d’une grande marche vers la fin du mois en cours. La même source affirme que ce mode de contestation a fait l’unanimité parmi tous les coordinateurs de cette organisation au nombre de 50 et qui représentent toutes les wilayas. A une question de savoir si la date de cette grève de « 13 jours » est fixée, le coordinateur national a déclaré que l’échéance n’est pas encore arrêtée tout en assurant que les sit-in locaux devant les directions de wilaya de l’Education seront maintenus durant les journées de protestation.
Pour rappel, les revendications des enseignants portent notamment sur la suppression des tâches non pédagogiques ou à défaut bénéficier d’une compensation financière adéquate. Les enseignants grévistes réclament aussi une application immédiate et avec effet rétroactif du décret présidentiel 14-266 qui attribue l’échelon 12 aux enseignants du primaire et ce en attendant d’arriver à une « unification des classements avec les autres paliers de l’Education nationale ».