Après des tentatives de marche à Alger, la Coordination des enseignants du premier palier de l’Education nationale change son mode opératoire en optant pour la ville de Tizi Ouzou pour organiser sa démonstration de rue, aujourd’hui lundi, jour de débrayage hebdomadaire qui paralyse les écoles depuis le mois d’octobre dernier.

« Ce choix a été pris après concertation de la base qui a jugé inopportun de tenter une énième fois de marcher dans la capitale, où le dispositif de sécurité est renforcé et ne laisse aucune chance aux potentiels manifestants », nous dit une voix à l’intérieur de la coordination. Pour notre source, il s’agit plutôt d’un « choix mûrement réfléchi » dans le sens où nous aurons plus de chances de tenir notre action dans une autre ville qu’à Alger, où les autorités semblent ne plus tolérer toute manifestation à caractère social. Et d’ajouter que « le choix de la ville de Tizi Ouzou peut être aussi motivé par l’importante adhésion que suscitent les actions de la coordination dans cette ville par ailleurs connue pour ses traditions en matière de contestation».
Pour cette première action de contestation dans la ville des Genêts, le parcours menant de l’université Mouloud-Mammeri vers le siège de la wilaya a été choisi par les animateurs de la contestation.
La Coordination nationale des enseignants grévistes a organisé pour l’instant deux marches nationales qui ont été empêchées toutes les deux par les services de l’ordre à Alger. La première a été organisée le 17 février tandis que la deuxième l’a été le 17 février dernier. Cette dernière a connu des échauffourées qui ont causé plusieurs blessés parmi les enseignants grévistes. Comme c’est le cas depuis le déclenchement de la contestation, la grève sera au rendez-vous aujourd’hui dans tous les établissements du cycle du primaire, a noté notre interlocuteur. Le débrayage d’aujourd’hui arrive alors que le ministère de l’Education nationale a engagé un processus de consultations avec les organisations syndicales du secteur dont les conclusions n’ont pas été rendues publiques.
Cependant, la Coordination des enseignants du primaire n’a pas cessé depuis à tirer à boulets rouges contre la tutelle, lui reprochant de ne pas l’avoir associée dans cette série de consultations. Pour les acteurs de cette coordination, « nul besoin d’un document administratif pour pouvoir présenter des revendications légitimes».
Cette fois est venue se poser également la question relative aux examens du deuxième trimestre que les enseignants grévistes avaient menacé de boycotter. Il semblerait cependant que les grévistes ne sont pas allés au bout de leur menace dans la mesure où les examens ont eu lieu normalement dans l’ensemble des écoles. Le déroulement des examens ne doit pas en revanche minimiser l’impact de la grève qui entame son sixième mois.
Dans le registre des revendications de la Coordination nationale des enseignants du cycle primaire, on trouve notamment la suppression des tâches qui ne relèvent pas du domaine pédagogique ou à défaut bénéficier d’une compensation financière adéquate. La coordination réclame également l’application immédiate avec effet rétroactif du décret présidentiel 14- 266 qui attribue l’échelon 12 aux enseignants du primaire. Elle exige aussi l’unification de la classification avec les autres paliers de l’Education nationale, une revendication née depuis l’arrivée du recrutement dans le premier palier des enseignants titulaires de licence de l’enseignement supérieur. En tout état de cause, le bras de fer est plus qu’engagé entre les deux parties augurant d’un pourrissement de la situation dans le secteur de l’Education.