Entre le ministère de l’Education nationale et les chefs d’établissement privés rien n’est encore réglé. Si l’on se fie à la note que le Secrétariat général du ministère a adressée aux directeurs de l’éducation, le 16 juillet dernier, des responsables de structures d’enseignement privé demeurent sous le coup d’une interdiction d’activité et de fermeture de leurs écoles.

La note du ministère, qui se lit aussi comme une instruction aux responsables du secteur au niveau des wilayas d’appliquer la loi contre ses «contrevenants», est justifiée, selon nos sources, par de nouvelles plaintes de parents d’élèves. A Alger, notamment, ils sont nombreux à «dénoncer» encore des directeurs d’école privée «pour n’avoir pas communiqué les bulletins de notes» et de «menacer de ne pas réinscrire» pour la rentrée 2020-2021 les élèves dont les parents ne se sont pas acquittés des charges qui leur sont réclamées.
Et si le ministère hausse à nouveau le ton et demande à ses cadres concernés d’agir «dans les plus brefs délais», c’est parce qu’il considère, selon la note du 16 juillet, que les chefs d’établissement concernés sont dans une situation de refus de reconnaître le droit de l’élève, une attitude qui ne correspond pas, selon lui, à la vocation du secteur ni au contrat pédagogique qui les lie aux parents et à leurs enfants.
La note du Secrétariat général du ministère avertit que «toute pression ou chantage sont illégaux» car aux «fins financières et au détriment de l’intérêt de l’élève». Elle rappelle que tout acte de la sorte est «sanctionné par la loi». Et que les sanctions peuvent aller «jusqu’à la fermeture de ces écoles et le retrait de l’agrément».
Le même document souligne que le contentieux né de la crise sanitaire ne peut pas durer, car il y a un nombre important d’écoles «qui ont respecté la législation» en vigueur pour la protection des droits de l’élève et se sont lancés dans le «règlement» des questions administratives, sans recours à la menace de l’exclusion. Dès lors, selon la même source, ceux qui n’ont pas résolu le problème avec les parents d’élèves, regroupés en collectif, rappelons-le, doivent le faire avant la rentrée prochaine.
Dans le cas contraire, des procédures de sanction et des poursuites en justice sont envisagées contre les établissements considérés comme récalcitrants. Selon la note du Secrétariat général du ministère, la seule référence par rapport à laquelle les responsables de ces écoles doivent agir est l’instruction publiée le 31 mai dernier. Un document qui intime à ces chefs d’établissement de privilégier avant tout l’intérêt de l’élève et de lui permettre, donc, de poursuivre normalement ses études.
Quelle suite y aura-t-il à cette affaire ? Tout dépendra de l’issue du bras de fer qui oppose les parents d’élèves, qui refusent de payer des charges «qui n’ont jamais été assumées à cause du Covid», selon l’un d’eux, et ces responsables d’ école qui, le plus souvent, déclarent ne pas avoir les ressources nécessaires pour payer leur personnel enseignant et leurs employés.
L’Association nationale des écoles privées agréées (Anepa) continue, elle, de réclamer le «soutien financier» du gouvernement et des parents d’élèves. Son président, Salim Aït Ameur, explique que c’est l’une des solutions les plus souhaitées pour soutenir les écoles privées en difficulté devant la rémunération des employés et subvenir aux charges d’urgence».
D’ici là, cette affaire est l’occasion d’un nouveau débat sur l’enseignement, en général, et sur le statut et l’avenir de l’école privée dans notre pays. Lire entretien avec le pédagogue Ahmed Tessa.