Au moment d’écrire ces lignes, on était en tribune de presse. Face à la pelouse sans acteurs du Stade International du Caire. A imaginer la liesse des Algériens et des supporters. On ne voulait pas vraiment penser à la défaite. Même si elle fait partie du jeu. Loin de cette Coupe d’Afrique des nations qui fait déchaîner les passions. L’envie de voir l’équipe nationale sacrée nous hantait telle une obsession. On avait déjà une conviction. Avec son parcours, les « Verts » venaient déjà de signer une improbable résurrection.
On ne va pas sortir la fameuse phrase : «On a gagné une équipe». Parce que le seul triomphe dans  une compétition reste la consécration. Cependant, ce qu’on a pu acquérir dans le tournoi égyptien reste cette hargne qui avait disparu. Ce sens du sacrifice qui s’était dissipé. On aura eu droit à une sélection qui se bat et ne refuse pas le combat. Qui le livre en donnant tout ce dont elle est capable. La « grinta », à tous les niveaux et à tout moment, était palpable.
Et hop ! D’un coup, voilà le système d’arrosage qui s’enclenche pour rafraîchir le gazon. Cela nous a fait penser à la fraîcheur et la vie qu’a su ramener Djamel Belmadi depuis sa désignation. Le sélectionneur national aura réussi une inimaginable métamorphose. Il est parvenu à bâtir un groupe qui vit en symbiose. Ceci reste important pour espérer et avoir l’ambition d’atteindre l’extase et l’apothéose. Et Dieu sait que les « Fennecs » ont procuré aux Algériens des émotions à forte dose. Surtout après une CAN 2017 ponctuée par une élimination dès le premier tour ayant laissé un goût amer est un présage morose.
En onze mois, le successeur de Rabah Madjer a imposé le respect et la rigueur. Il en a conquis des cœurs en relevant un sacré défi qui faisait peur. Une mission qui consistait à sortir « El-Khadra » de la torpeur. C’est déjà en soi un exploit. Je ferme les yeux et j’imagine Djamel Belamri et ses coéquipiers marcher vers le toit. Ne me réveillez pas. Sauf si c’est pour vivre la folle joie.