L’Algérie risque de ne plus pouvoir exporter son gaz à partir de 2025. La «sentence» provient du cluster énergie solaire et a pour principale raison un fait établi depuis longtemps déjà, la demande domestique. Une réalité qui met en avant les difficultés économiques dans lesquelles nage le pays, ces dernières années, et qui demandent des solutions d’urgence. L’approche ponctuelle ne peut être adéquate puisqu’il y va de la sécurité même du pays.
Dans l’entretien accordé à Reporters dans notre édition d’aujourd’hui, Noureddine Yassaa, Commissaire du Commissariat aux énergies renouvelables et à l’efficacité énergétique (Cerefe), apporte des données à bien mettre en évidence. Il affirme ainsi que la part de la consommation interne par rapport à la production d’énergie primaire est passée de 26 %, en 2010, à 42 % en 2019. Comment ne pas tirer la sonnette d’alarme !
La vérité est là, criante. La société de consommation qu’est devenue la nôtre ne peut plus continuer à vivre au même rythme de ces dernières années. Les contrecoups des crises économique et sanitaire deviennent trop importants pour ne pas essayer à mettre le holà à une fuite en avant qui ne disait pas son nom. Le consumérisme (même si ses bienfaits n’ont pas été ressentis par tout le monde) ne peut plus continuer.
Reste maintenant les solutions adéquates à mettre en œuvre dans l’espoir d’y remédier. Donner plus d’importance aux énergies renouvelables reste l’approche la plus évidente, et la plus plausible. Toutefois, cela est très fragile et loin d’être suffisant. Il y a des risques (et ils sont grands) que «l’espace» donné à la demande interne soit remis en cause. Comment ? Ce sera connu dans les prochains mois (ou jours ?).
Le gouvernement actuel, mais surtout celui qui découlera des prochaines élections législatives, aura la dure tâche de faire face à cette problématique. C’est dans ces moments l’importance d’un gouvernement crédible, dont les décisions pourront être acceptées par les citoyens. L’épisode d’avant-hier concernant l’alimentation en eau à Alger est venu donner une idée sur la délicatesse d’une remise en cause des «acquis», aussi minimes qu’ils soient. Le communiqué (avant de l’annuler le jour même) de la Seaal concernant le rationnement en eau dans la capitale avait soulevé un tollé parmi les citoyens. La sécheresse et le déficit dans la quantité d’eau superficielle stockée dans les barrages ne sont pas une vue de l’esprit.
Faire participer tout le monde à la quête de solutions n’est plus un choix, mais une nécessité. Les efforts communs à réaliser ne peuvent exister que dans le cadre d’un deal national. Il faut le trouver, le créer.