L’Agence nationale de promotion des exportations (Algex) a abrité, hier, la cérémonie officielle d’installation de l’équipe chargée de la stratégie nationale d’exportation (SNE), composée d’acteurs issus de différents organismes et institutions activant autour du commerce extérieur algérien.

L’objectif pour l’équipe sera d’établir des diagnostics et proposer des expertises pour le lancement de la SNE à partir de juin prochain. Il s’agit d’une nouvelle étape de formulation de la stratégie nationale à l’export, selon Tarek Alloune, représentant du ministère du Commerce. Installée officiellement hier, l’équipe, composée de différents comités, a cependant débuté ses travaux en octobre dernier, lors de la première consultation des acteurs économiques nationaux, organisée au sein de l’Algex. «La composition de l’équipe reste ouverte à tous les organismes qui peuvent contribuer de près ou de loin à la SNE», a indiqué Aïssa Zeghmati, coordinateur national de la stratégie nationale d’exportation. Quarante à 120 membres choisis parmi les organismes privés et publics représentent le réseau d’appui au commerce du pays (RAC), qui compose ce groupe dédié à la SNE. «La mission de l’équipe est d’aborder les contraintes et opportunités et déterminer les orientations de la stratégie nationale», indique M. Zeghmati. Il explique que le groupe doit également contribuer aux différents diagnostics réalisés, fournir des expertises et participer à tous les ateliers de consultation des acteurs afin de s’assurer de la continuité et la cohérence du processus. Sur ce dernier point justement, Mohamed Bouchakour, consultant au sein de l’équipe chargée de la SNE, regrette le manque d’implication de plusieurs acteurs lorsqu’il s’est agi de répondre à des enquêtes d’opinion visant à établir le document final en juin prochain sur la stratégie nationale d’exportation. «À voir le taux de participation aux enquêtes et questionnaires, la réactivité n’est pas importante. Sur 70 acteurs interrogés lors de la dernière consultation, une dizaine seulement a répondu», confie-t-il. Rappelant par ailleurs les principes fondamentaux de la SNE : collaboration public-privé, nécessité d’une appropriation nationale et enfin mise en place de recommandations spécifiques et mesurables. Des recommandations qui nécessitent donc la participation active des institutions consultées.

Soutenir l’export à travers l’installation de banques en Afrique
À noter que pour l’élaboration de la SNE, quatre fonctions transversales ont été arrêtées : l’information et la promotion commerciale, la gestion de la qualité, la facilitation des échanges la logistique ainsi que le financement à l’export. D’autre part, quatre secteurs prioritaires ont été choisis selon leur fort potentiel à l’export : les produits alimentaires et boissons, les produits pharmaceutiques, l’équipement de transport et l’électronique et enfin le secteur du numérique. «Pour notre part, nous avons contacté 126 sous-traitants activant dans ce secteur, dont sept acteurs qui interviennent dans l’électronique de l’industrie automobile», relate Chanez Chennit, chef d’équipe sectorielle chargée de l’électronique. Elle estime que les acteurs cités ont le potentiel pour contribuer à la chaîne de valeur du secteur électronique et ainsi s’orienter vers le marché africain. «Il y a cependant des barrières internes à soulever», estime-t-elle, comme l’absence d’établissement financier algérien sur le reste du continent afin de sécuriser les paiements des opérations d’export des opérateurs nationaux. Pour Ali Bey Nasri, président de l’Association nationale des exportateurs algériens (Anexal) et représentant de l’équipe «produits alimentaires et boissons», il y a de grandes perspectives, dépassant les 12 à 13 millions de dollars d’export de boissons qu’a réalisés l’Algérie en 2017. «Seulement, la valeur ajoutée est très faible au niveau des boissons et des pâtes alimentaires. Il faut un travail pour plus d’intégration dans ces filières», estime-t-il. M. Nasri appelle, par ailleurs, à ce que les pouvoirs publics lèvent les entraves au profit des opérateurs économiques nationaux pour que ceux-ci puissent également investir en Afrique. «La loi de finances n’est pas adaptée pour permettre d’investir aisément en Afrique, d’ouvrir des showroom. Il faut également installer des banques sur les autres territoires africains», recommande le représentant des exportateurs. A noter que l’installation de l’équipe de la stratégie nationale à l’export a permis également de préparer la prochaine échéance correspondant à la troisième session de consultation nationale, les 24 et 25 avril.