Le juge d’instruction du tribunal de Constantine a ordonné de mettre aux arrêts le dénommé Atrous Salaheddine, qui s’est fait passer pour le procureur général du tribunal de Constantine, aidé en cela par six complices. Le prévenu est accusé d’avoir fraudé un certain nombre de personnes, dont des hauts fonctionnaires à travers le territoire national. Il est même intervenu au nom d’une société étrangère spécialisée en électronique opérant en Algérie pour lui donner un accord d’installation, et lui soutirer 200 millions de centimes.

Les sept acolytes dans l’affaire ont formé une association de malfaiteurs dans le but de commettre des délits, en utilisant un titre relatif à une profession, juge d’instruction pour ce qui nous concerne, pour le principal accusé. Fraude et tentative de fraude pour les premier et deuxième défendeurs, en participant à l’utilisation d’un titre relatif à la profession légalement réglementée du second défendeur. Participation à la fraude pour le troisième accusé, en initiant l’octroi d’un avantage indu à un fonctionnaire public. Ces derniers griefs ont aussi été attentés contre les quatrième et cinquième défendeurs, et enfin participant à l’octroi d’un avantage indu pour un fonctionnaire public pour le septième accusé.
Pour tout cela, ils ont été présentés jeudi au procureur de la république. Selon la déclaration de ce dernier, Abdelfettah Kadri, procureur à la Cour de Constantine lors de la conférence de presse qui s’est tenue samedi matin devant le tribunal de Constantine. L’affaire remonte au matin du 16 novembre dernier, où les services de police judiciaire ont arrêté Atrous Salaheddine, après avoir reçu un appel téléphonique d’un représentant d’une institution administrative publique affirmant avoir été contacté par une personne qui se disait procureur général à Constantine, signalant une urgence de travaux que l’administration contactée «devait effectuer à son service.» Le fonctionnaire ayant des doutes sur l’identité de son interlocuteur a vérifié le numéro de son appelant, et là il découvrit que son interlocuteur n’avait rien du procureur qu’il prétendait. Mais celui-ci a eu des doutes sur l’identité de l’appelant, ce qui l’a amené à vérifier le numéro de téléphone du procureur public pour préciser plus tard que le numéro n’appartenait pas au procureur général. Il contactera la police pour signaler «l’incident», et sur cette base, les représentants de la loi ont ouvert immédiatement une enquête. L’identification du propriétaire du numéro ne sera pas ardu et le futur inculpé sera arrêté immédiatement. Après qu’il a été établi qu’il se faisait passer pour le procureur général de Constantine et qu’il l’utilisait le titre pour frauder plusieurs personnes physiques et institutions administratives publiques aux niveaux local et national. Le procureur a ajouté que lors de l’interrogatoire du détenu, il a été constaté que la personne concernée et ses complices ont utilisé cette caractéristique dans la fraude contre plusieurs personnes physiques et fonctionnaires d’institutions administratives publiques. Selon le même porte-parole, des enquêtes approfondies sur l’affaire ont abouti à l’arrestation de deux autres compagnons permanents du suspect et de personnes impliquées dans la même infraction. Il a également été établi sur la base d’enquêtes que le principal accusé dans l’affaire a étendu son activité frauduleuse au niveau local au niveau national en contactant une administration publique centrale afin d’interférer dans un dossier particulier pour une société étrangère basée en Algérie et actif dans le domaine de l’électronique en échange d’une importante somme d’argent estimée à 2.000.000 DA, et a aussi acquis une voiture, qui a été saisi par la police judiciaire. Selon le procureur général, les enquêtes ont conduit à l’implication de la représentante légale de la société étrangère, G.M., une pseudo avocate, c’est-à-dire ne figurant pas sur la liste des avocats enregistré au barreau, impliquée dans l’obtention de facilités pour la société étrangère.
À l’issue de la conférence de presse, le procureur général Abdelfettah Kadri a lancé un appel,impliquant les médias, pour faire connaitre à toute personne reconnaissant l’accusé, avec photo accompagnant le communiqué, et qui a été une de ses victimes, ou avoir été contactée par les numéros de téléphone 74.12.60 07.43 ou 05.40.76.84.09, de s’adresser à la Cour de Constantine afin de déposer une plainte ou enregistrer son son témoignage dans l’affaire. n