En ces temps de disette culturelle et économique, il se trouve que des âmes bien intentionnées ne baissent pas
les bras et, bon gré mal gré, essayent de poursuivre leur chemin souvent maculé de moult embûches. C’est ainsi que l’Ecole supérieure de comptabilité et des finances de Constantine (ESCF), anciennement école préparatoire à celle algéroise, a organisé un Banking Day entre ses murs pour essayer de créer un corollaire entre ses élèves et les institutions financières du pays.

De Constantine, Hamid Bellagha
«Pour sortir de la morosité et des pannes d’idées, conséquences de la Covid-19, nous avons organisé cette journée de sensibilisation des étudiants sur le métier de comptabilité et des finances qui sera le leur», nous dira la docteure Maya Benabdelhafid, Directrice adjointe et maître de conférence à l’ESCF. «Par cette action, nous sensibilisons ensuite les institutions financières et les entreprises privées sur le fait que notre école possède un potentiel séduisant. Nous essayons de propulser nos étudiants du théorique vers le pratique par le biais de rencontres comme celle d’aujourd’hui et des stages, préludes à des recrutements où il n’y aura que du gagnant-gagnant.»
Il faut dire que l’école, située sur le bucolique chemin forestier, a les moyens de sa politique. Passée école en 2016, après avoir été pourvoyeuse de l’Ecole des finances d’Alger avec ses années préparatoires, l’ESCF s’est frayée depuis une place parmi le gotha fermé des collèges de finances et de comptabilité. Une première spécialité est créée en 2016 et sera suivie d’une autre cette année même.
«Nous avons eu de la chance aujourd’hui avec cette belle journée, nous dira encore la très active Dr Benabdelhafid. Nous craignions l’organisation de cette journée dans un lieu clos, avec la Covid-19 qui n’a pas encore dit son dernier mot, mais avec ce soleil printanier, nous avons pu réunir tout ce beau monde en terrasse.» Et du beau monde, il y en avait. Puisque plusieurs banques se sont déplacées pour la circonstance. CPA, Société Générale, CNEP Banque, BADR et Al Salam Bank qui, pour l’évènement a vu le déplacement de sa propre directrice régionale, Mme Inès Mili qui était elle-même, il n’y a pas si longtemps, une brillante étudiante, même si elle a pu parfaire son cursus universitaire sous d’autres latitudes.
Sur place, Mlle Fennour Anfel est omniprésente. Co-organisatrice du Banking Day, même si elle n’est encore qu’apprenante à l’ESCF, elle est présidente d’un club à l’école même. Avec son équipe, elle essaye d’arrimer ses «collègues» au train du monde du travail «en passant de l’aspect académique à celui professionnel», nous dira-t-elle. «Notre école a eu ses premiers lauriers en 2019, en plein Hirak, et nous avons voulu qu’elle soit connue et reconnue malgré la conjoncture particulière que traverse notre pays. Notre club se veut créateur d’ambiance et incubateur de talents à travers ses recherches scientifiques plus approfondies. Une journée comme celle d’aujourd’hui est la preuve vivante de notre ouverture vers le monde du travail, car en clarifiant beaucoup de notions jusque-là abstraites, nous espérons dégager l’horizon pour tous les étudiants de l’école», a-t-elle estimé.
L’ESCF, notons-le, a par ailleurs commencé à tisser des partenariats avec des institutions financières pour les faire bénéficier du savoir-faire de ses majors de promos. n