Une année après le déclenchement de la lame de fond qui a
emporté le président déchu Bouteflika et une grande partie de la « bande », le Hirak est toujours présent avec des revendications et des slogans qui n’ont pas pris une ride, même si beaucoup d’entre eux ont été accomplis.
Constantine aura donc vibré ce vendredi, 53e du nom, qui coïncide à un jour près avec l’entame du Hirak, le 22 février dernier, un 22 février qui aura suivi la marche historique de Kherrata et la révolte contre « le cadre » à Khenchela.
« Dawla madania, machi askaria »,
« On n’est pas venus pour fêter, on est venus défiler », ainsi que plusieurs slogans faisant référence à la liberté de la justice, la libération des détenus d’opinion et « sahafa chiyatine » des fois, et des « sahafa horra, adala moustakila », d’autres fois, ont été les bis repetita d’une foule impressionnante, pas aussi dense que celle des mois d’avril et de mai 2019, mais saisissante quand même. Les étudiants qui se sont fait très discrets les quelques mardis passés, pour ne pas dire absents, ont investi la rue constantinoise pour rappeler leur présence. Des teeshirts rouges sur lesquels on pouvait lire « ethawra », la révolution, avec une effigie de menottes en toile de fond, ont donc signé le retour des étudiants qui n’ont ménagé aucun effort pour porter haut leurs revendications et leur présence. Nous avons aussi noté la réapparition en force de la gent féminine et des familles, une « catégorie » de Hirakistes qui avaient presque disparu ces dernières semaines. Le cortège, qui s’est ébranlé à partir de la place Amirouche (Pyramide) d’abord émacié, a vite fait de prendre en ampleur pour occuper, par la suite, les principaux boulevards de Constantine, Abane Ramdane, Boudjeriou et Belouizdad. La présence fort remarquée des agents de la Sûreté nationale, en tenues et en civils, a été éclipsée quand même par la discrétion dont ils ont fait preuve tout au long de la procession des activistes qui n’ont pas « oublié » de demander la libération des détenus d’opinion à plusieurs reprises. Il y a eu aussi un hélicoptère de la Sûreté nationale qui a tournoyé au-dessus de la ville pendant les deux heures et demie du cortège revendicateur.
C’est un peu après 17 h que les batteurs de pavés du vendredi se sont séparés, promettant surement de renouer avec la protesta la semaine prochaine.<