250 délégués ont pris part au congrès de wilaya de l’UGTA de Constantine. Ce congrès inespéré qui a fait couler beaucoup d’encre a finalement été organisé, avant-hier, dans la salle Ahmed-Bey, le Zénith.

Pour cela, la présence du secrétaire général de la Centrale syndicale, Abdelmadjid Sidi Saïd, était promise et nécessaire, eu égard à tous les congrès promis, mais jamais tenus, ou en marge de la légalité, et ce, depuis… 18 ans. L’impasse dans laquelle était l’union de wilaya a, apparemment, été dégagée, même si en parallèle de cet évènement, six unions locales, celles d’El Khroub, Ain S’mara, Hamma Bouziane, Constantine-Est, Ouest et Centre, ont tenu d’autres assises au même moment, dans la rue, face au siège du syndicat local, «Abdelhak Benhamouda», dont les portes sont closes depuis des semaines, «pour éviter tout débordements».
Dans son laïus, Sidi Saïd le patron de l’organisation syndicale a abondamment rappelé le rôle joué par Constantine, «véritable bastion du militantisme syndical qui a donné au mouvement des travailleurs pas moins de 5 secrétaires généraux, dont 1 à l’UGTA et 1 au Syndicat arabe». Le patron de la Centrale syndicale ne tarira pas d’éloges envers «les autorités locales qui n’ont pas lésiné sur les moyens pour la réussite de la rencontre, et ce, par la mise à disposition de la salle Ahmed-Bey». Bensaha Zouhir, ancien secrétaire général de l’Union locale de Khroub, sera ensuite élu à l’unanimité par ses pairs, du moins ceux présents dans la salle. Prenant la parole, le désormais nouveau secrétaire général de wilaya a promis de redonner à Constantine son aura passée, conformément à la réglementation de l’UGTA, maintes fois bafouée ces 30 dernières années sur le Vieux Rocher, et surtout «de réunir à nouveau tous las syndicalistes sous la bannière légale de l’UGTA».
Nous rappelons que des conflits internes ont bloqué l’union de wilaya depuis des années, même après le dernier congrès qui avait apporté une lueur d’espoir de cessation des hostilités pour uniformiser la situation, avec notamment l’élection de Boudjemaâ Rahma au poste de secrétaire général de l’union de wilaya, un octogénaire, lui-même une des causes du blocage, et de ce fait ne pouvait être une solution. Automatiquement, l’antagonisme reprendra de plus belle entre la majorité des membres du comité exécutif, le conseil de l’union de wilaya et les unions locales, et renforcera le blocage légendaire de l’union de wilaya. Le secrétaire national chargé des affaires générales Ahmed Guettiche, et de concert avec Sidi Saïd, sera chargé de mener les préparatifs du congrès extraordinaire et à œuvrer pour dénouer la crise et apaiser la situation que connait l’union de wilaya. Chose faite, apparemment avec l’élection du nouveau secrétaire de wilaya et le retour à la légalité. Mais jusqu’à quand ?
Car du côté de congrès de wilaya informel cité plus haut, un important dispositif sécuritaire a été déployé sur les lieux, prévenant tout débordement. Sur place, 154 délégués qui avaient été désignés par d’autres bases des UL, ont procédé à «l’élection» de 51 membres composant la Commission exécutive de l’Union de wilaya, en attendant son installation, la semaine prochaine… en présence d’un huissier de justice.
En attendant, les affiliés à l’UGTA locale ne savent plus à quel secrétaire de wilaya se vouer, et ne comprennent toujours pas dans quel sens souffle le vent de la légalité.