Comme prévu, la reprise des transports publics a fait un flop. Les tractations avec le wali et la Direction des transports n’ont abouti à aucun résultat concret. A part le tramway qui s’est pourvu des nouvelles dispositions pour renouer avec ses activités, bien qu’il soit encore aux essais, les bus et les taxis, apparemment, ne sont pas près de reprendre le chemin des stations. Pour les bus, l’équation est simple, pour revenir au boulot, plusieurs aspects ont été oubliés, selon le patron du syndicat. « Il est exigé un plastique isolant le chauffeur, et cela est impossible pour sa fixation d’abord et d’un point de vue pratique ensuite cela condamnerait la première porte. Il est demandé de ne pourvoir que la moitié des sièges, c’est-à-dire, 7 pour les micros bus et 12 pour les grands, et sans place debout. C’est irréalisable et le plus ingénieux des transporteurs n’arriverait même pas à faire rentrer en fin de journée le plein de mazout. Il y a ensuite le fait que la Direction des transports avait décidé, en 2018, d’augmenter le prix des tickets pour les lignes de plus de dix kilomètres, oubliant les autres. Et on demande aux mêmes de reprendre l’activité sans augmentation des prix et en réduisant de plus de la moitié leur capacité de transport. Sans oublier l’augmentation de 6 DA du mazout». En effet, à la station Zaâmouche, la plus grande de la wilaya, nous avons constaté la présence de deux bus, le premier pour Zighoud-Youcef, 25 km du chef-lieu, et le second pour El Khroub, à 15 km. Il y avait aussi trois bus relevant de la régie communale des transports, mais, fait curieux, presque pas de passagers. La crainte de la Covid-19 peut-être…
Les stations de taxi ne sont pas mieux « achalandées ». Il n’y en a pas du tout. Les quelque 4 ou 5 taxis que nous avons croisés avaient plus d’un passager à l’arrière et pas de plexiglas de séparation ni de plastique non plus sur les sièges arrière. Un taxieur qui faisait le clandestin a bien voulu nous parler, l’œil sur le rétroviseur craignant un contrôle de la police. « Cela fait trois mois que je suis à l’arrêt. Je faisais la ligne Constantine- Ali-Mendjeli à raison de 100 DA par passager. Maintenant, on me demande de placer un plexiglas, qui revient au bas mot à 600 DA, couvrir les sièges, offrir du gel à mon unique passager et lui imposer un masque. Même si je pouvais assurer tout ça, et c’est impossible, il n’y aurait aucun passager assez fou ou assez riche pour prendre un taxi seul en aller-retour, ce qui lui reviendrait à 1 200 DA, (cherchez l’erreur de calcul : ndlr) ». Le résultat de toute cette cacophonie est que le fraudeur a toujours de beaux jours devant lui, car avec la reprise quasi générale de tous les travailleurs, il n’y a que les fraudeurs qui peuvent offrir un transport, mais sans aucune mesure de sécurité sanitaire.
Pour le moment, toutes les stations sont désertes et désertées. Les clandestins y règnent en maîtres, eux, qui peuvent ne pas se mettre au diapason des nouvelles règles sanitaires des transports car n’ayant aucune existence légale. Le tramway pourra ramener toute une frange de la population de l’Ouest de la ville, mais les autres parties de la ville resteront orphelines d’un transport privé et public qui a toujours posé problème. n