La grève programmée par les différents syndicats de la santé n’a pas eu lieu, finalement. Tout le monde savait que la grève annoncée avait peu de chances d’aboutir vu que les doléances exprimées par les protestataires sentaient à plein nez la manipulation…
de Constantine, Hamid Bellagha
Une cinquantaine de travailleurs des différentes structures de la santé avaient, en effet, banderoles revendicatrices à l’appui, mardi passé, traversétoute la ville de Constantine pour organiser un sit-in au pied du siège de la Direction de la Santé, exigeant le départ sans conditions de son directeur, «sinon une grève sera déclenchée jeudi sur toute la wilaya». Les contestataires reprochaient à M. Benkhedim «d’avoir détruit complètement le secteur de la santé avec son incompétence et son népotisme». La réaction de la DSP ne s’est pas faite attendre puisque les collaborateurs et les inspecteurs «incriminés», documents et photos à l’appui, ont confondu le directeur général du CHU de Constantine, M. Kamel Benyesaâd, comme étant derrière le mouvement de contestation préfabriqué, lui imputant plusieurs griefs comme le mépris envers les cadres de la santé, dilapidations des deniers de l’Etat, des factures gonflées, mauvaise gestion des personnes et des matériels du CHU, passations de marchés douteuses, etc., « et tout cela est consigné et envoyé au ministère de tutelle. Le DG du CHU veut noyer le poisson en incriminant ceux qui veulent mettre un terme à ses méfaits». Nous avons voulu voir les membres des syndicats protestataires, dont le Snapap, mais jeudi dernier au lieu où la grève devait être entamée, il n’y avait que des courants d’air… chauds. Et au contraire, les agents de l’hôpital El Bir, le meilleur EHP de la wilaya depuis des années soit dit en passant, avait organisé cette même matinée un sit-in entre les murs de leurs structures dénonçant les manœuvres dilatoires du DG du CHU et « exigeant » à leur tour le maintien du directeur de la santé « qui n’a fait que son travail, au même titre que ses collaborateurs ». Le jeudi qui devait « scellé le sort de M. Benkhedim » s’est apparemment transformé à son avantage. On apprend, en effet, que les meneurs de la marche de contestation, les membres et chefs des syndicats du secteur de la santé ont reçu des messages de qui de droit pour leur rappeler qu’ils sont sous le coup d’une enquête pour détournement de la cagnotte des œuvres sociales depuis des années, et que s’il était sous la protection du DG de l’hôpital et de ses « mentors », la situation n’est plus la même. De même, et dans le sillage de notre affaire, trois commissions ont été envoyées discrètement du ministère de la Santé, la première au siège de la DSP, la seconde au CHU, où rappelons-le son DG est sous contrôle judiciaire depuis trois semaines, et la troisième à l’hôpital de Khroub, en ébullition depuis des mois, syndicats et travailleurs demandant, aussi, le départ du directeur des lieux. Bref, c’est une santé véritablement malade à Constantine qui offre un piteux état du secteur à l’ombre de coups bas et de règlements de compte de syndicats et de responsables qui se servent plus qu’ils ne servent. Nous essayerons de savoir dans les prochains jours à quoi les commissions ministérielles ont abouti. n