Finalement, et supputé dans notre édition de lundi, Ahmed Kharchi sera le candidat du FLN aux prochaines élections pour le renouvellement partiel des membres du Conseil de la nation (Sénat), qui se tiendront le 29 décembre prochain.

Après un faux suspens entretenu, le membre de l’APW de Constantine, ex-député et membre du bureau politique du FLN, a donc été élu mardi suite aux votes des militants du Front. Les élus locaux du FLN se sont déplacés en nombre, répondant aux recommandations de Ould Abbès qui voulaient que ce vote marque une réconciliation entre les différents «courants» qui caractérisent la maison FLN à Constantine. Les élus locaux ont donc répondu à l’appel de leur secrétaire général en faisant «leur devoir électoral» en glissant leurs bulletins dans l’urne prévue à cet effet au siège de la Mouhafadha de Constantine, «dans un cadre de quiétude et de démocratie », selon les mines réjouies des votants. Avec un taux de participation à la soviet, plus de 99%, selon les organisateurs, nous avons quand même noté l’absence d’un seul élu, le P/APW, Nadir Amirèche. Ce dernier, ne pouvant ignorer que son « ennemi intime » allait être élu dans un fauteuil, a fait épargne de sa voix, estimant que la place de candidat aux sénatoriales lui revenait de droit, comme c’est le cas à Constantine depuis des années, où le poste de président de l’APW était une route toute tracée vers le Sénat. Mais comme déjà mentionné, les consignes de vote venus d’Alger ont été les convaincantes. Chose que les 124 élus et électeurs n’ont pas manqué d’appliquer. Il faut noter quand même que la mise à l’écart de Nadir Amirèche est allé plus loin, car ce dernier a été rayé de la liste des candidats à la dernière minute par la direction algéroise. C’est ainsi, qu’outre Amirèche, le SG du FLN n’a finalement autorisé que trois candidats à concourir, au lieu de cinq prévus dont le dossier a été initialement retenu. Et pour faire diversion, le P/APC de Béni H’midène a lui aussi vu son dossier retiré, bien qu’il ait été avalisé auparavant. L’issue du vote était donc toute tracée, car ce ne seront surement pas les deux «lièvres» restants, Kherrab Mourad, président de la commission de la formation professionnelle à l’APW, ainsi qu’une élue de l’APC de Didouche Mourad, Chaïeb Fatiha, qui allaient semer des embûches sur le chemin de Kharchi Ahmed. Après le dépouillement, Ahmed Kharchi gagnera presque un plébiscite arrivant largement en tête avec garde 81 voix, contre 19 pour Kherrab Mourad et 17 pour Chaïeb Fatiha, en plus de 16 bulletins nuls. Et sans doute pour éviter une rébellion larvée lors du vote décisif du 29 décembre prochain, les élus locaux, ceux du FLN évidemment, doivent prêter serment pour voter candidat FLN. Une façon particulière de rappeler que la démocratie et le suffrage universel ont des particularités au FLN. A noter que le seul sénateur sous la bannière du FLN issu des militants constantinois est Lamine Cheriet, et que la cooptation de Ahmed Kharchi répond à un souci de préserver cet acquis.