Il ne s’agissait pas de savoir si l’entreprise de distribution de médicaments Rapidpharm allait avoir des ennuis judiciaires, mais plutôt quand. C’est dire que la réputation sulfureuse de ladite entreprise a étonné puis choqué le milieu du médicament, mais aussi celui des banques à Constantine.

Tout avait commencé, ce que le communiqué de la DGSN ne dit pas, quand une banque française étrangère avait demandé à un client qui présentait des traites avalisées par la BNA, agence Filali d’aller… avaliser encore une fois les traites suspectées, comme des chèques certifiés, présentés auparavant, mais qui n’étaient couverts par aucune somme. Un chèque sans provision certifié, pour être plus précis. Le CPA, lui aussi, et à travers plusieurs de ses agences à Constantine avait aussi flairé l’arnaque et n’a pas voulu traiter avec l’entreprise Rapidpharm ni encaisser ses traites douteuses. Le téléphone arabe ayant fait son effet, la brigade économique et financière relevant de la police judiciaire aura vent du comportement suspect du propriétaire et du gérant de la société suspectée. Une enquête discrète sera lancée à partir du mois de septembre 2019. Récoltant plusieurs témoignages et… aveux, la brigade financière sera quand même surprise des sommes astronomiques consenties pour la corruption et le vol de deniers publics. Nous croyons savoir que l’affaire dont nous traitons est évaluée à un préjudice financier qui avoisine les 200 milliards de centimes, et le couvercle n’est pas encore entièrement remis, mais onze personnes impliquées dans l’affaire de corruption de l’agence BNA Filali à Constantine ont quand même déjà été arrêtées par la brigade économique et financière. Les suspects arrêtés, dont l’âge varie entre 37 et 71ans, sont des cadres et directeurs dans ladite agence, des propriétaires et fonctionnaires d’entreprises de distribution de médicaments, Rapidpharm, et un expert foncier très connu sur la place de Constantine. Ce dernier était chargé de gonfler les avoirs fonciers de Rapidpharm, qui souvent n’existaient pas du tout, quand la justice s’est mise en branle et que les propriétaires de l’entreprise incriminée voulaient présenter des gages comme hypothèque pour couvrir leurs méfaits et les prêts accordés avec une largesse infinie, avec presque pas d’hypothèque. Parmi les personnes incarcérées figure le directeur de l’agence BNA Filali, et l’enquête qui suit encore son cours devra aussi plancher, comme nous l’a révélé une source de la brigade économique, sur l’ex directeur de la même agence, A.B., qui aurait commencé en premier à avaliser des traites sans provisions, et qui depuis a été… promu directeur régional de la même BNA. Les personnes impliquées ont été présentées au pôle pénal spécialisé de Constantine pour « abus de fonction, faux et usage de faux, réception d’indus avantages sous forme de crédits et amplification de la valeur du foncier hypothéqué », selon le communiqué en notre possession. Les onze personnes suspectées, et après audition, seulement trois d’entre-elles ont été placées sous mandat de dépôt, tout en sachant que « ce n’est là qu’une partie infime d’un énorme iceberg qui ne s’arrêtera pas uniquement à la BNA et à Rapidpharm, mais touchera aussi dans un proche avenir d’autres banques publiques et plusieurs autres opérateurs économiques dans le domaine du médicament », nous confiera encore notre source de la brigade économique et financière. n