La réunion entre le wali de Constantine, Abdessamie Saïdoune, quelques membres de l’exécutif, la SDE, la SEACO, le chef de daïra, et les promoteurs chargés du LPA, a confirmé ce que tout le monde savait : Constantine est à la traîne, Constantine est en retard, Constantine ne clôturera jamais ses programmes de logements ou de relogement, et Constantine continuera à offrir des logements sociaux à des personnes qui barrent les routes et bâtissent des gourbis, sans avoir aucun encrage dans la ville.

 

Le wali, qui devait avoir quelques doutes avant de venir à la Ville des Ponts, n’a plus que des certitudes. Mauvaises.
Il faut savoir que Constantine est la seule wilaya où la formule LSP n’a pas encore été achevée, et que les retards de livraison des logements varient de quelques mois, à plus de vingt ans ! Presque une génération.
«Je suis fatigué de trouver à chaque matin, face à mon bureau des citoyens mécontents à cause des retards de livraison de leurs logements. A cause des promoteurs défaillants, l’ordre public est chaque jour mis en péril», commencera le wali, en guise de bienvenue, à l’adresse des promoteurs chargés de la formule LPA.
Au sein de la salle de réunion du cabinet du wali, ce sont, en plus quelques représentants, des souscripteurs qui étaient présents chargés de documents … à charge des promoteurs. Le wali terminera sûrement sa réunion avec un torticolis tant il aura regardé les uns et les autres présenter leurs arguments.
Pour les promoteurs, absents, il faut le signaler, et représentés par des gérants, la faute est à chercher du côté des banques, de la CNL, de la SDE, de la Seaco, et des souscripteurs «qui ne veulent pas s’acquitter de leur redevances «malgré plusieurs relances».
Pour les souscripteurs, le retard incombe totalement aux promoteurs «qui nous font du chantage en menaçant de ne pas déposer notre dossier à la daïra si on ne s’acquitte pas de notre quote-part, bien souvent supérieure à ce qui est notifié sur le contrat. Intimidations, arnaques et insultes font partie du comité d’accueil chez les promoteurs «.
Un vrai dialogue de sourds, comme c’est souvent le cas, dans ce genre de rendez-vous. Le wali, en véritable modérateur écoutera tout ce beau monde, et décidera sur place de «visites chaque samedi sur le site de deux ou trois chantiers «. Il continuera en soulignant son étonnement sur le fait que «les promoteurs chargés des logements AADL achèvent les logements en sept mois, alors que le LPA dépasse allègrement les deux ans, pour les plus performants. Dorénavant, certains promoteurs vont être inscris sur la liste noire de la wilaya, et prochainement une liste noire nationale «.
Bien sûr, les promoteurs feront des promesses pour achever leurs constructions dans les trois ou quatre mois qui suivent. «Vous affirmez que le retard de plusieurs années va être comblé en quelques semaines, je vous prends au mot et vous donne rendez-vous à échéance. J’espère que vous allez tenir parole, sinon l’État va reprendre ses droits et vous n’aurez plus de travail «, dira le wali, comme l’ont fait d’autres walis qui l’ont précédé.
«Nous aussi on le prend au mot, nous dira un souscripteur. Sinon, nous aussi on peut fermer des routes et dresser des barrages sur les voies stratégiques de la wilaya «. Donc, tout le monde est averti, mais rien ne prélude que ce bras-de-fer engagé il y a des années trouve son épilogue rapidement.