Beaucoup d’émules de « bou-cadenas » voient le jour à Constantine, imitant les députés algériens qui ont cadenassé les portes de l’hémicycle Zighoud-Youcef pour empêcher le président du Sénat, Saïd Bouhedja, d’y accéder. A Constantine, une nouvelle mode tend à s’installer consistant en la fermeture des sièges des communes, rien que ça !

Tout a commencé à la commune d’Ouled Rahmoune où des riverains ont carrément fermé les portes du siège de leur commune, protestant contre l’attribution floue des logements ruraux ainsi que le chômage qui touche toutes les franges de la population, ladite commune ne disposant de presque pas d’entreprises à même de recruter les jeunes et les moins jeunes. Ces derniers ont, pour rappel, récidivé car ils avaient déjà tenté le coup du cadenas le 27 mars dernier, pour rééditer leur « exploit » cette semaine. Les protestataires ne se sont pas contentés de fermer l’accès au siège de l’APC, puisque une centaine de personnes s’est engouffrée dans les bureaux pour « inviter » les employés à sortir. Puis, installant chaînes et cadenas, ils empêcheront le président de l’APC, Sofiane Boukeni, de… quitter de son bureau. C’est ce qu’on appelle une prise d’otage ! Revenus à de meilleurs sentiments, les contestataires libéreront le P/APC, mais ne lui permettront pas d’utiliser son véhicule de service. «Des promesses, rien que des promesses, toutes les choses pour lesquelles on a voté ne se sont pas concrétisées. Le maire nous a menti, et nous ne voulons plus de lui. Il faut qu’il dégage», nous a confirmé un protestataire sur les intentions de ses «collaborateurs». L’intervention d’une brigade de la gendarmerie n’a pas dissuadé la centaine d’hommes en colère qui campera sur sa position jusqu’en début d’après-midi et l’arrivée du chef de daïra pour leur signifier qu’il avait réussi à leur obtenir un rendez-vous avec le wali de Constantine. Les habitants de la commune de Messaoud Boudjeriou, quant à eux, ont accompli un parfait copié-collé en imitant leurs « muses » d’Ouled Rahmoune en fermant avec des chaînes et des cadenas le siège de leur APC. Cette fois, une mésentente entre le président d’APC avec les onze élus composant son staff communal a été à l’origine de la protesta qui s’en est suivie. Car ce même staff a réclamé le départ du P/APC, après son retrait de confiance, pour être rejoint en fin de semaine dernière par une partie de la population. Puis les reproches contre ce dernier fuseront, du chômage à l’habitat rural, en passant par le développement économique de la commune qui affiche zéro au compteur, selon les frondeurs.
Le P/APC ira quand même jusqu’à recevoir ses électeurs pour discuter calmement des problèmes brandis, mais sans que ses collaborateurs ne soient invités. Des échos parvenus de Hamma Bouziane et de Benbadis (ex El Haria) annoncent aussi une opération « cadenas » du siège de leur APC. Une nouvelle forme de protestation. « Béjaïa a inventé la fermeture de route, nous dira un gendarme à Ouled Rahmoune, et Constantine, le cadenas ». Des candidats potentiels au concours Lépine… n