Le tramway de Constantine continue à faire parler de lui. Pas comme le téléphérique, dont le « contrôle technique » prévu pour 18 mois dépasse maintenant les deux ans, sans que les travaux avancent d’un iota, ni du tunnel de Djebel Ouahch sur l’Autoroute Est-Ouest qui reste encore un vœu pieu quant à sa réouverture prochaine.

La première extension du tramway sur Ali-Mendjeli a été achevée, comme signalé sur ces colonnes, en avril dernier. La multiplication exponentielle des clients a fait à peine vaciller les assurances des habitués, puis tout est rentré dans l’ordre et le tramway a repris sa place de moyen de transport public par excellence. « Nous enregistrons quotidiennement le transport de 41 000 personnes. Nous avons éprouvé quelques difficultés avec la multiplication des stations et des passagers, mais nous avons vite cerné les problèmes et nous avons développé les solutions idoines », nous dira Kamel Bida, le directeur du tramway de Constantine. En effet, les problèmes d’énergie, de billetterie, du nombre de passagers, de rames et les heures de pointe ont été vite résolus. Un renforcement d’agents dans les rames, leur multiplication, notamment aux heures de pointes identifiées, le lancement des distributeurs automatique d’abonnement (DDA), ont redonné le sourire aux usagers du tramway constantinois. « Nous allons aussi créer une agence commerciale, puis une deuxième. On va même renforcer la sécurité, notamment au niveau des stations Palma et de l’université. Un service dédié à la clientèle est aussi une nouveauté pour lui permettre de nous adresser toutes les doléances possibles et surtout que nous les traitions », rajoutera aussi notre interlocuteur. Il faut signaler qu’avec la multiplication des passagers, «il y a eu un enregistrement d’une évolution de 46 % des cas de resquille dans les rames», nous avouera Mme Ghimouz, responsable de la communication. Mais comparativement à d’autres tramways de la Setram, le tramway de Constantine n’enregistre que 1% de fraudeurs parmi ses passagers, sur les 1 500 abonnés actifs ainsi que les utilisateurs occasionnels, et nous avons traité 98% des doléances de notre clientèle ». Le directeur nous expliquera aussi que les ralentissements enregistrés sur le tronçon entre la zone Palma et la cité Filali vont être réparés, « et des travaux pour ce faire vont démarrer incessamment, sans gêner nos usagers. Nous sacrifierons une heure au début et la fin de l’activité du tramway. Un ou deux vendredi à l’arrêt seront aussi nécessaires, ceci afin de permettre aux équipes de maintenance de travailler à leur aise, des travaux qui ne dépasseront pas trois semaines », nous dira encore Kamel Bida, non sans lancer un appel à la Sûreté nationale de Constantine pour un renforcement de la sécurité sur les lignes et les rames du tramway, « surtout si l’on pense à l’inauguration de la deuxième extension qui se fera probablement au courant de cette année». De son côté, le sémillant Rafik Ayad interviendra pour disserter sur la seconde extension dont les travaux s’achèveront définitivement, sauf si l’option extension vers l’aéroport est relancée. Ingénieur, du haut de ses 38 printemps, Ayad, chef du projet de l’extension, est le seul Algérien à avoir pris en charge une extension d’un tramway en Algérie. Toutes les autres ont été le fait d’expatriés. « Nous allons améliorer tout ce qui a été raté, mais corrigé, lors de la première extension.
C’est une fierté pour moi de la confiance placée en moi, et je serai à la hauteur de cette dernière. Dieu merci, les travaux avancent à une cadence régulière, et les six nouvelles stations et la mise à jour de plusieurs systèmes d’exploitation sont en œuvre. En tout cas, nous aurons un mois pour faire des tests de l’exploitation de la seconde extension sans les passagers, et je vous promets que tout se passera sans problèmes », nous certifiera Rafik Ayad. Alors rendez-vous est donné « sans doute le premier semestre 2020 » pour le lancement effectif de la seconde extension du tramway de Constantine. n