Les médecins résidents ont fait une marche intramuros, hier, au sein du CHU de Constantine. Des dizaines de résidents ont dénoncé le « déni » dont ils sont victimes, avant et pendant la pandémie de la Covid-19. « Nous sommes toujours aux avant-postes. Nous répondons toujours présents, nous sommes toujours en face des problèmes et nous subissons en plus le déni de la Direction de la santé qui refuse de nous considérer comme des médecins à part entière. Malheureusement, nous sommes toujours considérés comme des médecins à part ».
Par leur mouvement, les médecins résidents veulent attirer l’attention de la tutelle, surtout, sur le fait qu’ils sont quotidiennement victimes d’agression de la part des accompagnateurs des malades. « Les médecins sont enfermés dans leur bureau, les agents de sécurité ne sont jamais présents, et nous, nous payons face à des personnes en furie », nous dira aussi Hacène, un résident.
Pendant une heure, les résidents auront fait le tour de tout l’hôpital pour s’en aller par la suite remettre leurs doléances au directeur du CHU.
Auparavant, fatigué, usé et… sans le sou, le personnel paramédical de Constantine, avec ses trois syndicats, avait organisé mercredi dernier une protesta au sein du CHU pour dénoncer la « hogra » dont il est victime. « Nous sommes les premiers exposés au risque de contamination à la Covid-19, et dehors, les gens s’attroupent, font des matches de foot et des fêtes. Le lendemain, ils viennent à l’hôpital pour une prise en charge, nous infecter, et surtout nous insulter et nous agresser », nous dira un membre du SAP. Il ajoutera qu’avec tous ces aléas, la Direction du CHU Ben Badis ne fait aucun effort pour les aider et les protéger dans leur tâche quotidienne à hauts risques. « Ce qui nous a fait sortir dans la cour et de nos gonds, c’est le mépris affiché par la Direction. Nous n’avons pas reçu la prime promise par le Président de la République, et nous n’avons pas reçu aussi notre dernier salaire », dira notre interlocuteur. Un autre paramédical nous donnera le nombre des participants au mouvement de protestation qui avoisine les 1 500, confirmant les conditions de travail déplorables et le manque de moyens de protection. « La pandémie de la Covid-19 a démasqué la mauvaise gestion du CHU Ben Badis qui compte plus de 5 000 travailleurs et 40 services ».
Cette protesta n’est pas la première du genre dans la wilaya, puisque plusieurs structures sanitaires ont rué dans les brancards, notamment l’hôpital Abdelkader-Bencharif de Ali-Mendjeli. Le silence assourdissant de la tutelle a amené le wali de Constantine à réunir tout ce beau monde, direction CHU, DSP, et syndicats autour d’une même table et a trouvé les mots pour conforter les uns et blâmer d’autres. Nous apprendrons qu’un terrain d’entente a été trouvé tard dans la nuit de jeudi et que le service de comptabilité et des finances du CHU Ben Badis a été réquisitionné vendredi et samedi pour s’occuper du virement de la paie du personnel. Ce qui devrait être effectif au plus tard ce lundi. n