S’il n’y avait pas eu les BMS, on aurait pu dire que les autorités de la wilaya avaient été surprises. Pourtant, les bulletins météo étaient très clairs, Constantine était concernée par l’épisode neigeux qui allait affecter plusieurs wilayas de l’Est algérien.

La seule « erreur » commise dans les BMS consistait à signaler l’apparition de la poudreuse vers 3H jeudi. Il y a eu un léger décalage, à la décharge des autorités, puisque les flocons de neige n’ont fait leur apparition que vers 6H pour, très vite paralyser totalement la ville aux environs de 8H. Les chasse-neiges n’ont fait leur apparition que lorsque des centaines de véhicules aient été, déjà, pris au piège, pour se retrouver eux aussi coincés dans des embouteillages, assez importants, mais qui ont complètement bloqué ceux qui s’étaient hasardés à «tenter le coup». Il y a eu aussi un câble au niveau du poste source de Mansourah qui a lâché, juste à l’entame des intempéries, plongeant des quartiers entiers dans des pannes électriques qui ont surpris les agents de la SDC. «J’appelle depuis 9H du matin le service de dépannage de la Sonelgaz aux deux numéros inscrits sur les factures. Personne ne répond. Un voisin m’a donné un numéro vert celui-là, le 3303, que personne ne connaît, et qui n’est inscrit nulle part. Après plusieurs essais, un employé m’a répondu et m’a demandé tellement d’informations, qui n’avaient aucun sens, que j’ai dû raccrocher », nous dira un habitant du quartier du Coudiat, où la moitié des locataires de son immeuble étaient sans électricité. Nous avons, de notre côté, contacté le fameux numéro vert qui ne répondra qu’après plusieurs essais. Et effectivement, l’opérateur, nous recommandera d’aller vérifier les compteurs, les disjoncteurs, l’électricité chez les voisins, le numéro des factures, et vérifier si elles sont payées, et d’autres « conseils », sans nous avancer qu’une quelconque brigade allait venir secourir les naufragés de l’énergie électrique. Et comme notre interlocuteur, nous avons dû, non sans remercier l’opérateur pour son « questionnaire, raccrocher. Pourtant, les équipes de dépannage étaient bien sur le terrain et se coupaient en quatre pour pallier aux nombreuses pannes induites par le vent et la neige. Il y avait juste un problème de communication. Les ennuis des Constantinois ne se sont pas limités aux pannes électriques, mais à de nombreux problèmes qui ont complètement bouleversé la journée blanche de jeudi. Les boulangeries étaient presque toutes fermées, les écoles avaient portes closes, comme d’habitude dès les premiers flocons de neige, les ambulances faisaient du surplace, le lait n’a pas été distribué, les souks ouverts promettaient des prix à multiplier par trois, les taxis étaient invisibles et les bus en chômage technique. Quelques bureaux de poste n’avaient pas ouverts et les queues devant les stations d’essence commençaient à se former, où les automobilistes avec des grands « on ne sait jamais » justifiaient leurs rushs sur les pompes.
Les communes d’Ibn Ziad et celle de Benbadis ont, elles aussi, enregistré d’abondantes chutes de neige et ont, comme le chef-lieu de wilaya, où l’épaisseur du manteau de neige dépassait les 20 cm, connu les mêmes désagréments.