Nous sommes allés à la Cnas pour une enquête sur le renouvellement de la carte Chifa et sa validité, qui varie d’une direction à une autre. Comme depuis le déclenchement de la pandémie de la Covid-19, il n’y avait pas grand monde ni aux guichets ni dans les bureaux, le personnel était réduit comme dans toutes les entreprises, entre congés exceptionnels et autres.
Personne pour nous renseigner, mais plusieurs cadres de la caisse d’assurance, ayant appris notre fonction, nous demandèrent notre numéro de téléphone pour des «informations confidentielles». Le lendemain, nous reçûmes deux coups de fils séparément qui racontaient la même histoire. «Il y a péril en la demeure, le personnel est pétri de peur. Il y a même des agents qui ont fait une demande de congé et sont partis avant même l’accord de la hiérarchie», nous dira l’un de nos interlocuteurs. La cause ? Encore et toujours la Covid-19.
Un cadre de la section informatique a été déclaré positif, selon notre source. «Le malade est sorti pour un congé de quarantaine. Mais il est tout le temps dehors pour des commissions et se soucie peu de contaminer son entourage. Il y a aussi un autre cadre des prestations qui a été contaminé et déclaré positif. Toutes ces personnes travaillent dans un même couloir, celui de la direction, et des réunions s’y tiennent presque chaque jour», nous assure-t-on aussi. Le hic dans toute cette histoire, c’est que le Directeur de la Cnas de Constantine «est porté disparu» depuis plusieurs jours. «Renseignement pris, il serait en congé de 15 jours. Renseignement pris à la direction générale à Alger, et selon ses proches collaborateurs, il aurait aussi été diagnostiqué positif au nouveau coronavirus, selon aussi notre second interlocuteur.
Au niveau des structures informatique et prestations, c’est la panique. «Les agents viennent travailler la peur au ventre. Nous sommes livrés à nous-mêmes, personne ne se soucie de nous. Nous avons alerté officiellement la DSP qui nous a dit ‘’d’attendre’’. On attend toujours. On aurait aimé, comme le stipule le protocole, que l’on fasse des tests aux personnes qui ont été en contact avec les deux contaminés et le directeur. Mais rien, les cadres de la DSP que l’on a contactés sont, depuis nos appels, éternellement en réunion», nous dira notre source.
Nous avons pu confirmer les informations que nous publions et avons cherché à le faire au niveau de la DSP, qui consentira à demi-mot l’information, mais nous recommandera de «patienter». Et depuis, ils sont toujours en… réunion.
«Etre atteint par le virus n’est pas une fatalité, encore moins une honte. Nous souhaitons un prompt rétablissement à nos collègues qui se portent bien apparemment. Mais ce que l’on décrie, c’est que notre administration n’a rien fait pour son personnel qui pourrait être contaminé aussi, au lieu de l’isoler et de prescrire des tests. Il y a aussi le comportement inadmissible et inaudible de la DSP. D’ailleurs on parle aussi de deux autres agents de la Cnas qui ont été contaminés dans d’autres structures, mais je n’ai pas pu vérifier», se lamentera notre interlocuteur, très… atteint par l’indifférence ambiante.
Nos interlocuteurs mettront aussi l’accent sur la possibilité que les services informatique et prestations soient mis en quarantaine. «Dans ce cas, c’est l’effet boule de neige qui affectera la CNR et les pensions des retraités, les remboursements des ordonnances, blocage de la carte Chifa, les congés, etc. Nous ne demandons qu’une chose, que l’on adopte le protocole d’usage en isolant le personnel suspect et que l’on nous fasse des tests. Pour le bien de tous», concluront nos interlocuteurs.<