Les spécialistes sont unanimes, l’automédication exercée par les éleveurs pour leurs animaux constitue aujourd’hui un vrai tourment de santé publique, surtout en ce qui concerne la filière avicole.

Quant au respect du temps d’attente permettant de certifier des niveaux de résidus d’antibiotiques inférieurs aux limites maximales et donc sans danger pour le consommateur, cela relève carrément d’un vœu pieu. La direction des services agricoles (DSA) de la wilaya de Constantine, qui a organisé, hier à la cité administrative de Daksi, une journée de sensibilisation sur les conséquences de l’usage abusif et sans contrôle sanitaire des antibiotiques sur la santé animale, a, encore une fois, donné l’alerte sur les conséquences de l’usage abusif et sans contrôle des antibiotiques pour l’animal et ses retombées fâcheuses, aussi bien pour l’animal lui-même que pour l’homme et l’environnement. Le Dr Brerhi, directeur de l’institut vétérinaire d’El Khroub, a entamé « les hostilités » en certifiant que les antibiotiques sont des médicaments qui doivent être perçus comme un véritable patrimoine de santé. Pour cette raison, leur emploi doit se faire de manière réfléchie avec les professionnels de la santé. Documents à l’appui, comme des prescriptions du vétérinaire, qui jugera mieux que personne des médicaments à user. Pour lui, il est très simple de prescrire et d’administrer un antibiotique en suivant une sorte de règle de trois efficace à souhait : identifier la bactérie, définir l’antibiotique le plus opérant et établir une posologie adéquate.

La bactérie fait  de la résistance
La survenue de l’antibiorésistance, une manifestation naturelle de défense des bactéries contre l’action exercée par l’antibiotique chargé de mettre hors d’état de nuire les bactéries néfastes pour l’animal ou pour l’homme. Une utilisation non contrôlée et abusive des antibiotiques conduit inexorablement à une antibiorésistance et l’inefficacité des antibiotiques qui en résulterait. Ce serait un retour aux années noires sanitaires où une simple infection bénigne se transforme en un rien de temps en une pathologie fatale, car certaines bactéries sensibles aux antibiotiques, ne sont plus détruits et leur multiplication n’est plus interrompue. « C’est la bactérie qui devient résistante et non pas l’homme ou l’animal », un constat établi par la Dr Djenna du service vétérinaire de la DSA, qui nous a habitué à des communications magistrales. Revenant sur les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE), Yacine Ghediri, le directeur des services agricoles, a insisté pour sa part sur une utilisation réfléchie des antibiotiques, laquelle nécessite, « un travail de longue haleine afin de sensibiliser tous les intervenants dans le secteur, notamment les vétérinaires, les importateurs et les éleveurs sur les dangers que constitue l’usage abusif des antibiotiques, reconnu comme une menace croissante pour la santé ». Revenant sur la filière avicole, notre interlocuteur estimera que tout doit « commencer par encadrer rentablement ce secteur, identifier, et ce n’est pas facile, les éleveurs sous serres et exiger que le protocole de suivi par un vétérinaire, soit respecté par ces mêmes éleveurs ». Nous aurions pu en savoir et faire savoir à nos lecteurs un peu plus sur le sujet, mais il a fallu libérer la salle où devait s’opérait une mini conférence de presse avec le ministre. Dommage pour les organisateurs qui avaient déjà subi l’absence des producteurs de médicaments, de viandes blanches et rouges, en plus de l’arrivée inopportune et non programmée d’un ministre en route pour une autre wilaya, mais qui a décidé d’une pause-café au siège de la wilaya !