Deux nouvelles formations dédiées au traitement et à l’amélioration de la prise en charge des enfants autistes ont été lancées au centre des autistes de Constantine, a indiqué lundi Badiâa Boufama, présidente de l’association Wafa des parents des enfants en difficulté mentale.

Le premier projet de formation, lancé dans le cadre de la coopération avec le concours de l’ambassade de France en Algérie, vise à former deux catégories de personnes impliquées dans la prise en charge des autistes, en l’occurrence le personnel en charge de leur encadrement au sein du centre qui leur est réservé et les parents des enfants malades, a précisé Mme Boufama en marge de la cérémonie de clôture des activités initiées par l’association pour la célébration de la journée internationale de l’autisme (2 avril). L’encadrement sera assuré par des médecins français dirigés par un Algérien résident en France, Taieb Ferradji, spécialisé en psychiatrie des enfants et adolescents, selon la même source, qui a précisé que cette équipe a animé un premier stage de formation les 28 et 29 avril courant au profit de 30 cadres du centre des autistes et plus de 100 parents d’enfants autistes. La même source a indiqué que la deuxième formation concerne le traitement par la musique et vise à « ouvrir de nouveaux horizons pour les autistes, diversifier leurs activités et développer leurs talents », soulignant que « des travaux sont en cours » pour aménager au sein du centre un espace pour ce type de traitement et un autre pour apprendre aux enfants autistes l’élevage de certains animaux. De son côté, Dr. Ferradji a indiqué qu’il retournera après le mois de Ramadhan à Constantine en compagnie d’un autre médecin français spécialisé en pédiatrie pour examiner les enfants du centre et diagnostiquer leurs cas afin de transférer son expérience pour « servir le plan de travail du centre ». Le même spécialiste a insisté sur l’importance du « diagnostic précoce de cette maladie », relevant que les priorités de la prise en charge de l’autisme s’articulent autour des trois axes : le diagnostic avant l’âge de 18 mois, la formation des parents et l’aide à l’insertion scolaire. « Le meilleur médecin pour un autiste est ses parents et la meilleure médication est un médecin qui sache écouter les parents », a estimé le Dr. Taieb Ferradji qui a rappelé que les statistiques de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) indiquent que pour 100 naissances, il existe 1,6 cas d’autisme. Il a également assuré que l’expérience des pays avancés et son «adaptation à la réalité et spécificités algériennes constituent des défis pour la prise en charge de l’autisme».