Le débat entre les habitants ou les propriétaires de chalets amiantés, qui se promettait houleux, n’a finalement pas eu lieu, fautes de «combattants ». Car, aussi curieux que cela puisse paraître, la majorité des associations et la multitude de concernés n’ont pas jugé bon de se déplacer au siège central de l’APC de Constantine, où le wali a convoqué les autorités locales, P/APC, chef de daïra et directeur du logement, etc.

Visiblement hors de lui, le chef de la daïra de Constantine, Azzedine Antri, a martelé que «le citoyen est le rouage défaillant qui cumule les retards enregistrés par le dossier des chalets amiantés, et ce, par sa lenteur, ou par son refus, de déposer le dossier du permis de construire auprès de l’APC». Les instructions de Abdessamie Saâdoune sont pourtant claires, dès qu’il a eu devant lui le dossier des chalets bâtis dans les années 1980 avec de l’amiante, une matière que l’on soupçonne être cancérigène. Prenant le problème à bras le corps, il a activé un dossier que les précédents walis connaissaient mais n’ont pas pris en compte. Pour cela, il a organisé plusieurs réunions entre habitants des chalets et autorités locales, qui devaient déboucher sur une solution finale au problème qui consiste en une reconstruction des chalets avec une aide très conséquente de l’Etat. Du moins, c’est ce qu’a décidé le wali, une décision bien accueillie par les concernés. Donc, grande fut la surprise quand on a assisté et noté que la balle, dans le camp des habitants des chalets, n’a jamais été renvoyée aux autorités. «Il faut refermer ce dossier le plus tôt possible», dira encore le chef de daïra.

Amiante et… farniente
D’ailleurs, il ne reste que cinq mois au délai fixé à l’opération d’ici la fin du mois de décembre 2018. Au-delà, chacun assumera ses actes. Pour la rencontre de la fin de semaine écoulée, le wali a réuni sous la coupe du chef de daïra, des bureaux d’études, la direction du logement, les représentants de la société civile, la commission chargée du suivi du dossier des chalets et les services concernés de l’APC. Et comme souligné plus haut, les autorités se sont retrouvées face à une association du quartier d’El Gammas. On apprendra aussi que sur les 12 cités concernées par l’opération de reconstruction des chalets amiantés, une seule était représentée et que seules 197 demandes de permis de construire ont été déposées à l’APC, sur les demandes pressantes de la part de 1 697 familles.
Un nombre insignifiant eu égard à la dangerosité supposée des chalets et surtout aux protestations de ses habitants, de fermetures de routes, au sièges de la daïra. «Et maintenant que tout est prêt, les citoyens font la fine bouche», soulignera un cadre de la wilaya. En tout cas, toutes les administrations, à savoir les domaines, la daïra, l’APC, le cadastre, l’OPGI, ont procédé à tous les agencements réglementaires « pour faire avancer la question des chalets, s’il y a retard ou faute, l’administration n’est plus coupable », notera-t-on encore auprès d’un responsable du logement. Pourtant, le directeur du logement devisera sur les « complaisances » accordées, à l’instar de l’annulation de l’acte de propriété, le permis de construire, puisque le certificat de cession de la daïra, ou le contrat de location de l’OPGI, suffisent pour une permission de reconstruire avec… les deniers de l’Etat. Pour sauver la mise, sans doute, quelques habitants d’El Guemas parleront de difficultés d’accès à leur cité au lieu de l’épineux problème des chalets de la discorde. Une façon de noyer le poisson, comme vont l’être leurs espoirs de reconstruction des chalets, en l’absence des principaux concernés.