Il était une fois la Cité Emir Abdelkader, elle qui fut le «Faubourg Lamy» pour devenir, avec les approximations de la langue de Molière, «El fibor». Nous ne reviendrons pas sur la pauvreté en infrastructures de base, avec à sa tête le transport public, de la cité, qui compte quand même quelque 35 000 habitants, mais sur l’indigence caractérisée de ses routes. Toutes défoncées.

L’appellation de nids de poule étant un euphémisme dans ce cas, nous nous contenterons d’employer le terme d’impraticable. Complètement. Le hic, c’est que les axes routiers de ladite cité mènent partout. Pas à Rome, mais aux Cités de Sidi Mabrouk, Djebel Ouahch, Ziadia, le centre-ville et surtout vers l’autoroute Est-Ouest.  Tous les axes routiers dont une route de wilaya du secteur urbain El Kantara sont totalement dégradés au niveau de la Cité Emir Abdelkader. La plupart d’entre-elles n’ont pas connu de travaux de bitumage depuis les années 1980. La rue Pierre Curie, cet axe routier débutant à proximité de la station du téléférique et menant au du siège du secteur urbain Bab El Kantara, ressemble à un grand 8. Sur quelque 500 mètres, la suspension des véhicules est mise chaque jour à rude épreuve. Depuis quelques mois, la route est empruntée par plusieurs véhicules de plusieurs wilayas venant de l’autoroute Annaba-Constantine, se rendant au CHU ou continuant sur Sétif ou Alger, quand ce n’est pas pour aller au centre-ville. Les visiteurs ne comprennent pas comment une route aussi stratégique se trouve dans un tel état. Les Constantinois aussi. Pour la route dite «chemin forestier» qui relie Bab El Kantara à la 5e Région militaire, El Mansourah et Sidi Mabrouk, le constat est le même. La route principale est totalement impraticable avec des affaissements et des tranchées qui datent depuis bien longtemps. La nouvelle déléguée du secteur urbain El Kantara ne nie pas l’évidence et promettra «une prochaine réfection de toutes ces routes grâce aux 17 milliards de centimes promis pas l’APC, pour toute la commune». «Une somme qui ne suffira même pas à remettre de l’ordre dans la moitié d’un secteur urbain», nous expliquera un architecte de l’APC de Constantine, d’autant que les « opérations de bitumage n’ont pas été encore inscrites ». Il est donc plus qu’urgent que les services techniques de la commune de Constantine consignent dans les plus brefs délais des actions de goudronnage pour l’axe « Pierre curie » et les autres. Ça ne serait que justice vu que le programme de réhabilitation des routes de la Cité El Émir Abdelkader date de 2004 sans que ce but soit concrétisé 13 ans plus tard. Les présidents des différents comités du quartier ont tiré la sonnette d’alarme quant à l’état des routes et bien d’autres choses lors de rencontres de la société civile avec les différents walis, sans que cela débouche sur du concret. Tout juste des promesses.