A l’approche des visites des morts lors des fêtes de l’Aïd, les cimetières constantinois se font une nouvelle toilette pour accueillir les milliers de visiteurs venant rendre hommage à leurs défunts. Cette année, et en cette fin du mois de Ramadhan, les visites ont déjà commencé, plusieurs familles préférant se recueillir sur les tombes de leurs proches, fuyant les cohues indescriptibles les deux premiers jours de l’Aïd, où s’il est très difficile d’accéder aux cimetières, il est pratiquement impossible d’en sortir avant onze heures du matin.

Le cimetière central de Constantine est sans doute le plus dense, aussi bien en tombes qu’en visiteurs. D’ailleurs, cela fait des années que l’on susurre sa fermeture prochaine, mais il est toujours là trônant sur plusieurs hectares, et les enterrements n’en finissent pas de se succéder, même si l’on ne peut y enterrer un proche que sur la tombe d’un autre membre de la famille. Le wali de Constantine, dans une visite inopinée, constatant une invasion sans pareille d’herbes folles et de plantes indésirables, a instruit la direction des cimetières constantinois pour débroussailler tout le cimetière avant l’Aïd. La missive adressée à l’EPC GPM, Gestion des pompes funèbres, une nouvelle direction à l’APC de Constantine trouvera justement son directeur su place en train de superviser les opérations de nettoiement du cimetière. Nous nous sommes rapprochés de M. Abdelmadjid Ameur, le directeur de l’EPC GPM, qui effectivement ne niera pas que la hauteur des herbes a été très importante cette année. « La pluviosité record a fait que tout pousse sur le sol du cimetière. Des herbes folles, de la broussaille et même des arbres ont recouverts pratiquement toute la surface du cimetière. D’habitude, les herbes sont éradiquées à la mi-mai, mais cette année, le mauvais temps ne nous a pas permis de nous y prendre à temps. Nous avons même dus travailler sous la pluie d’il y a deux jours. Et effectivement, nous avons reçu le fax de M. le wali, et nous l’avons informé de la situation de notre EPC, les moyens qui manquent, et l’impossibilité de procéder au débroussage avant l’Aïd. Nous avons tenu une réunion avec le maire de Constantine, et avec l’aide du wali, bien informé de la situation, il nous a été dégagé une aide matériel et humaine de l’EPIC Procpo, une direction de l’APC chargé de la collecte des ordures ménagères. Avec cette aide, nous allons être au rendez-vous avec les milliers de visiteurs qui commencent d’ailleurs à se manifester ». Il faut noter que les cimetières de Constantine ont toujours été la dernière roue de la charrette de l’APC. Un simple intitulé sur l’organigramme, et le tour est joué. Mais ce qu’il faudrait savoir, et grande fut notre surprise quand M. Ameur nous l’a appris, il existe 13 cimetières à Constantine, dont le plus grand, bien sûr et le plus ancien reste celui du centre-ville. « Des cimetières qui s’étalent sur 70 hectares, nous dira notre interlocuteur. Je ne dispose malheureusement que d’une quinzaine de personnes pour veiller sur l’entretien de tous les cimetières et de toute cette surface ». C’est sans doute pour cela que le wali de Constantine et le P/APC de la ville ont vite fait d’appliquer un plan Orsec redonnant le sourire aux visiteurs des cimetières et au directeur de la GPM qui a mis la main la main à la pâte au milieu de ses travailleurs, reconnaissable de loin au chapeau mexicain à larges bords qu’il arbore, le soleil promettant de taper fort les jours qui viennent. n