Après les lentilles menacées par une mystérieuse maladie, et dont les récoltes records des saisons précédentes risquent de ne pas se reproduire, c’est au tour du blé de donner des signes d’inquiétude. La situation météorologique est pointée du doigt.

« Le mois de mai a été caractérisé par une alternance de pluies, généralement la nuit, et du soleil le jour. Malheureusement, la chaleur n’est pas assez forte pour évacuer le surplus d’humidité, ce qui fait qu’il se forme des zones pratiquement putréfiées, qui se traduiront par une multiplication des bactéries nuisibles qui se forment à la base des plantes et se reproduisent par la suite sur toute la plante. La tige de blé prendra un aspect blanchâtre et le rendement pour les grains pourra baisser jusque de moitié », des explications données par un agronome qui en disent long sur le risque qui pèse sur les champs de blé. Par contre un fellah de la région de Béni H’midène relativise le phénomène : « Ce n’est pas catastrophique. C’est vrai que le risque existe, mais il n’est pas endémique. Le phénomène se caractérise par une présence sur quelques centimètres carrés disséminés à travers les champs. Il faut seulement empêcher sa multiplication par une élimination des parcelles contaminés, et en plus, avec le beau temps qui s’annonce, le problème sera réglé de lui-même ». Ce phénomène, et selon un ingénieur agronome à la direction de l’agriculture, est appelé échaudage, et se manifeste par une alternance inhabituelle de pluies et de soleil. C’est vrai aussi, nous dira-t-il, que la maladie ne touche que quelques millimètres à la fois, mais ces derniers pourront se multiplier à profusion si l’on n’y prend pas garde. « Les pertes ne dépasseront pas les 5 % de la production », affirmera de son côté un ingénieur de la CCLS. Bref, c’est tout un panel d’affirmations et certifications et de ses contraires qui secouent les spécialistes de la chose agricole à Constantine, à quelques semaines des premières récoltes de blé, essentiellement dur. La direction de l’agriculture qui n’a pas encore trouvé de solution pour « la maladie mystérieuse » qui affecte les lentilles sur pied, et se trouvant blâmée par le ministère de tutelle pour avoir mal géré cette crise, n’a pas pour le moment d’avis à donner sur l’échaudage du blé. Elle estime sans doute, comme l’a souligné l’un de ses cadres que le problème se résoudra de lui-même avec l’apparition des chaleurs du mois de juin, ce qui n’empêche pas quand même ses employés de contrôler, et sérieusement les récoltes du Nord de la wilaya, là où l’on enregistre habituellement les meilleurs rendements. C’est là aussi qu’un paysan accusera cette même direction d’avoir imposé une jachère sur plusieurs lopins de terres, «ce qui a occasionné toutes sortes de maladie, dont l’échaudage», où «El djaiha», le nom commun donné par les fellahs du coin. Cette maladie issue, selon eux, apparait suite à des jachères mal étudiées, une période où la terre se repose mais ne subit pas de traitement, ce qui la rend vulnérable à plusieurs fléaux dévastateurs. En tout cas, le mois de juin apportera surement des réponses aux plus pessimistes et également à ceux qui le sont moins. n