La malédiction de la dépendance aux hydrocarbures prendra-t-elle fin un jour ? C’est la question que se sont sûrement posée les personnes dans l’aéropage de la délégation menée par le Premier ministre.

La question mérite d’être posée puisque nous nous tournons vers d’éventuels produits algériens à exporter à chaque fois que des soubresauts négatifs affectent les prix du pétrole. Nous nous apercevons que nous pouvons exporter, mais…
La réponse ne sera pas publiée sur ces colonnes, car bien malin celui qui pourrait mettre le doigt, aujourd’hui, sur les pièges qui entravent le voyage du made in Algeria vers d’autres latitudes.
En rendant visite aux nombreux stands de la Safex dédiés à la production nationale, M. Ouyahia n’a pas manqué de faire du pied aux nombreux producteurs qui ne demandent, justement, qu’à exporter. Force est de reconnaître que la production nationale est en ce jour très diversifiée. Des médicaments humains et vétérinaires, à Deglet Nour, en passant par un agroalimentaire pas aussi moribond que ça, la pétrochimie, les transformations plastiques et l’industrie électronique et des voitures, utilitaires ou de tourisme, et la liste n’est pas exhaustive, le label Algérie commence à se faire une place dans les différents marchés internationaux. La récente ouverture de notre pays vers les pays africains et asiatiques, surtout chinois, a donné un espoir de voir un jour nos finances dépendre de marchandises diveres.
Pour l’Europe et les lointaines destinations américaines, il faut attendre un peu plus, puisque les pays riches, en appelant pour une mondialisation, n’ont jamais été aussi protecteurs.
Toutes ces panoplies d’instruments ou de marchés à conquérir se doivent d’abord d’être accompagnées par des décisions politiques, à même de permettre à nos dirigeants, tout en encourageant la production nationale, à la protéger et à la mettre sur des rampes de lancement vers des échanges prometteurs.
Ahmed Ouyahia, en recommandant à la production militaire des voitures utilitaires de « fournir les écoles en véhicules », a lancé un message vers les empêcheurs de tourner en rond ; ceux qui clament haut et fort que la Symbol produite en Algérie se décarcasse en pleine vitesse, ou que les télévisions produites par Iris, Condor ou Géant voient leurs couleurs « tourner » au bout de quelques semaines. Du grand n’importe quoi, mais qui peut se révéler être une des plus grosses embûches pour l’exportation, car un produit décrié chez lui n’a aucune chance de s’imposer chez les autres.