En dépit des assurances officielles quant à sa disponibilité durant le mois de Ramadhan, le lait en sachet, très demandé, se fait rare à Alger depuis le début du mois de jeûne. Dans plusieurs quartiers de la capitale, les commerçants ainsi que les consommateurs se plaignent de la non-disponibilité de ce produit, qui l’était pourtant à la veille de Ramadhan. «Les distributeurs ne nous ont pas livré le lait depuis cinq jours.

On ne sait même pas pour quelle raison», se plaint un commerçant d’Alger-Centre. Les consommateurs, quant à eux, se rabattent sur la poudre de lait. «Ça reste moins cher que le lait en boîte ! », confient-ils.
Certains d’entre eux, cependant, font l’effort de se déplacer jusqu’à la laiterie de Birkhadem, filiale du groupe Giplait, pour acheter le lait en sachet, disponible à ce niveau. N’étant pas rassurés pour autant, des consommateurs en achètent en grandes quantités pour les stocker. Ce qui leur évite aussi  de se déplacer tous les jours jusqu’à la laiterie. «Nous pensions que la crise avait été réglée avant le mois de Ramadhan. Et nous pensions qu’au cours de ce mois, le problème ne se poserait pas vu que la tutelle a pris ses dispositions. Surtout que la demande en lait augmente de 30% au cours du mois de Ramadhan», souligne le président de l’Association de la protection et d’orientation des consommateurs et de l’environnement (Apoce),  Mustapha Zebdi, déplorant que la crise de lait soit récurrente.
Il faisait allusion à la décision, prise par le gouvernement, près d’un mois avant le début de Ramadhan, d’augmenter les quantités de poudre de lait fournies par l’Office algérien interprofessionnel du lait (Onil) aux laiteries publiques et privées. Les laiteries du Groupe public industriel de production du lait et de ses dérivés (Giplait) ont vu leur approvisionnement en poudre de lait passer de 7 000 à 10 000 tonnes par mois, avec en contrepartie l’augmentation de leur production de lait en sachet de plus de 2 millions à près de 4 millions de litres par jour.
Pour leur part, les laiteries du secteur privé ont vu leur approvisionnement passer de 7 500 à 9 000 tonnes par mois. Des mesures de « saturation du marché» qui n’ont manifestement eu aucune incidence. D’autre part, le même interlocuteur a estimé, dans ce contexte, que la subvention du lait en sachet est l’une des causes de cette crise car elle ne profite pas seulement aux consommateurs mais aussi aux producteurs.
Les distributeurs, pour leur part, par la voix du président de leur fédération nationale, Farid Oumi, n’ont pas pu avancer les raisons précises de cette pénurie.
«Depuis que les distributeurs ont observé un mouvement de protestation devant la laiterie de Birkhadem contre la convention élaborée par cette dernière pour supprimer notre bonus, les membres du bureau de la Fédération nationale des distributeurs n’ont plus le droit de franchir le seuil de la laiterie et distribuer leurs quotas», déplore le président de cette fédération.
Il soulignera que cela perturbe la distribution du lait au niveau de la capitale sans pour autant affirmer que c’est la raison principale de la crise. «Nous avons fait appel à toutes les parties pour les sensibiliser sur notre cause, y compris la tutelle. Mais sans résultat. Nous n’avons pas pu obtenir nos quotas depuis deux mois. Ce qui nous affecte autant que les consommateurs», conclut-il.