Relancer la production nationale et pousser à consommer algérien ont, jusque-là, été un objectif difficile à atteindre. Relancé début 2016, le crédit à la consommation semble patiner au niveau des banques qu’elles soient publiques ou privées, les taux bancaires appliqués étant jugés excessifs.

Après plusieurs rappels à l’ordre, restés sans suite, la Banque d’Algérie semble décidée d’agir en préparant un plafonnement des taux d’intérêts pratiqués.
C’est en tout cas ce qui ressort de la déclaration faite jeudi dernier sur les ondes de la Chaîne III de la Radio nationale par Mohamed Lahbib Goubi, directeur du crédit et de la réglementation bancaire à la Banque d’Algérie. Il assure que l’institution qu’il représente est «dans l’attente de la réception des déclarations des banques de leurs taux effectifs globaux pour finaliser son projet». «Dans ce sens, une instruction a été envoyée, depuis le 1er septembre dernier, aux banques de la place pour qu’ils communiquent leurs taux effectifs globaux, ce qui permettra à la Banque d’Algérie de calculer le taux effectif moyen» pratiqué par la place qui servira à fixer le seuil à ne pas dépasser», a-t-il dit plus explicite.
Autrement dit, la règle de détermination du taux bancaire excessif est déjà fixée. «La Banque d’Algérie considère qu’il y a un dépassement lorsque le taux effectif moyen est dépassé de 20%.
Tout ce qui dépasse ce seuil de 1/5 est considéré comme un taux excessif et la Banque d’Algérie doit le rabaisser et corriger le taux nominal avec les accessoires qui lui sont liés», a ajouté Mohamed Lahbib Goubi. Le représentant de la Banque d’Algérie a justifié cette démarche, qui vise à «contrecarrer la liberté des banques à fixer les taux d’intérêt créditeur et débiteur», par le souci de «protéger les consommateurs contre les abus» de ces même banques. Et en même temps, à «limiter les dispersions dans les taux pratiqués par les banques pour les ramener vers un taux acceptable». Dans son instruction envoyée aux banques commerciales de la place, la Banque d’Algérie cite 7 catégories de crédits visés par la règle de détermination du taux bancaire excessif.
Il s’agit du découvert, du crédit à la consommation, des crédits à court terme, des crédits à moyen terme, des crédits à long terme ainsi que des crédits de financement de l’habitat et du leasing. «Cette liste n’est pas définitive, elle est susceptible d’être modifiée sur la base des constatations futures et des discussions avec les banques», a soutenu le directeur du crédit et de la réglementation bancaire à la Banque d’Algérie. Par ailleurs, le même responsable ne fait aucune différence entre les banques conventionnelles et celles dites «islamiques», elles sont traitées de la même manière, elles pratiquent toutes des taux d’intérêts et sont toutes concernées par les taux bancaires excessifs.