Par Bouzid Chalabi
Après la flambée des prix sur les produits frais, les tensions sur le lait pasteurisé en sachet subventionné ainsi que sur l’huile de table, c’est un net retour à la baisse des premiers et de la disponibilité pour les seconds. Seul bémol, la tension sur la semoule persiste mais à un degré moindre. C’est le constat de terrain de ces derniers jours au grand satisfecit des consommateurs.
En effet, et à commencer par l’œuf qui avait atteint 20 DA l’unité, il est proposé ces jours-ci entre 17 et 18 DA selon le calibre. Toujours au registre des produits avicoles, le poulet vidé est affiché entre 350 et 380 DA/kg, voire même à 300 DA/kg dans certaines régions du pays selon des échos qui nous sont parvenus. Par contre, les prix des viandes rouges (bovines et ovines) restent stables, scotchés autour de 1 500 et 2 000 DA/kg selon les quartiers de viandes. A propos des produits végétaux frais, on assiste à une légère baisse sur les légumes de saison, à l’image de la carotte 50 DA/kg, et la courgette à 70 DA/kg après avoir atteint les 200 DA/kg lors de la célébration du Mouloud. Concernant les légumes hors saison, c’est plutôt la flambée, ce qui est d’ailleurs logique. Toujours est-il, la pomme de terre est redescendue entre 50 et 60 DA/kg sous l’effet de la mise sur le marché d’un important volume de tubercules issu des chambres froides et destiné exclusivement à réguler le marché de la pomme de terre en période de soudure de la production saisonnière.
Les aliments de consommation, notamment le lait en sachet pasteurisé (LPS) subventionné et l’huile de table, objet tous deux de tensions ces derniers mois, font l’objet depuis quelques jours d’un retour à la normale. Et pour preuve, le LSP est de plus en plus présent et en grande quantité au niveau des commerces du détail. C’est aussi le même constat de terrain pour l’huile de table, disponible à profusion sur les étals des commerces à un prix plafonné à 590 DA le bidon de cinq litres.
Cependant, la semoule dans ces différentes catégories fait encore l’objet d’une tension mais à un degré moindre par rapport aux semaines précédentes où elle avait complètement disparu du circuit de la grande distribution au grand désappointement des ménages pour qui cette denrée reste essentielle dans leur consommation quotidienne.
Ce faisant, il y a lieu d’admettre que ce retour à la normale résulte en toute certitude de la traque par les services de contrôle compétents des commerçants qui s’adonnent à des pratiques illicites. Une lutte, faut-il souligner, qui a été actionnée pour mettre fin aux pratiques de spéculation qui ont engendré des tensions sur les produits de large consommation. Dans ce contexte, le ministère de la Justice a récemment fait savoir qu’entre le 30 octobre et le 3 novembre courant, des poursuites judiciaires ont été engagées contre 38 individus pour «spéculation illicites». Toujours selon cette même source, des peines allant de 3 à 15 ans de prison ferme ont été prononcées contre 37 d’entre eux.
Sur ce dernier point, il convient de rappeler que ces lourdes peines viennent en application de la loi relative à la lutte contre la spéculation illicite promulguée en décembre 2021 qui a, en effet, durcit les peines pour punir sévèrement les auteurs d’actes de spéculation définis dans le texte de loi comme étant «tout stockage ou rétention de biens ou marchandises visant à provoquer une pénurie ou une perturbation des approvisionnements au niveau du marché de la consommation».
Finalement, cette lutte qui s’est soldée jusqu’ici par de lourdes sanctions à l’encontre des auteurs de pratiques illicites semble avoir dissuadé une grande majorité de commerçants à tenter de s’adonner à une activité interdite. <