L’accélération du taux d’inflation en Algérie, comme le prévoyaient de nombreux experts financiers nationaux et des institutions internationales (FMI et BM) par l’effet du financement non conventionnel de la sphère économique du pays (mise en marche de la planche à billets), n’a finalement pas eu lieu. Mieux encore, le taux qui avait atteint les 4,3% en 2018 est tombé à 2,7 % sur un an, en juillet 2019.
Ce taux de 2,7%, selon un communiqué de l’Office national des statistiques (ONS) rendu public hier, a été calculé en tenant compte des 12 mois, allant d’août 2018 à juillet 2019, par rapport à la période allant d’août 2017 à juillet 2018. Concernant la variation mensuelle des prix à la consommation en juillet 2019, par rapport à juin de la même année, elle a connu, toujours d’après l’ONS, une légère baisse de -0,7%. Pour le détail de la variation mensuelle et par catégorie de produits, l’Office révèle que les prix des biens alimentaires ont affiché une baisse de 2,44 % en juillet dernier par rapport au mois précédent. Cette baisse est induite, particulièrement, par une décroissance de 4,92 % des prix produits agricoles frais, précise l’ONS. En effet, cette variation mensuelle des prix des produits agricoles frais s’explique essentiellement par une baisse des prix des fruits et légumes dont la chute est de 34,1%, et de 3,8%, respectivement, par rapport au mois de juin. En revanche, les augmentations des prix ont concerné, notamment, la viande de poulet (+5,4%), les viandes rouges (+0,9%), et les œufs (+5,3%).Quant aux prix des produits alimentaires industriels (agroalimentaires), ils ont enregistré une relative stagnation en juillet dernier, selon la même source. S’agissant des produits manufacturés, on lit qu’ils ont connu une légère hausse de +1,0 %, tandis que les services ont marqué une stagnation. Par groupe de biens et services, l’augmentation des prix a touché essentiellement le groupe éducation, culture et loisirs (+1,8), habillement et chaussures et les meubles et les articles d’ameublement (+0,1%). L’ONS fait par ailleurs remarquer que le groupe des produits divers a également observé une variation haussière de 2,7%, alors que le reste s’est caractérisé en général par des stagnations. Cette même source relève que durant les sept premiers mois de 2019, l’ensemble des prix à la consommation ont enregistré une hausse de près de 1,90 %, par rapport à la même période de 2018. Précisant au passage que cette tendance haussière a concerné toutes les catégories de produits, à l’exception des biens alimentaires (-0,28%) et les produits agricoles frais qui ont reculé de 2,3%. Sont inclus également dans ce même registre de hausse, les produits alimentaires industriels lesquels ont affiché une hausse de 1,77%, les biens manufacturés avec +3,97 % et les services avec une augmentation de 3,19%. Notons que le taux d’inflation de ces deux dernières années est sur une pente descendante mais qu’il faudra éviter tout au moins un retour à la hausse qui laminerait davantage le pouvoir d’achat des consommateurs notamment ceux aux faibles revenus.
Il y a lieu de rappeler enfin que le Fond monétaire international (FMI) avait indiqué, dans son rapport d’avril 2018, que l’inflation en Algérie se situerait à 7,4% en 2018 et 7,6% en 2019, la BM étant plus pessimiste, annonçant 8,1% en 2019 et 9% en 2020. A priori, il faut croire qu’entre les données de l’ONS et les prévisions du FMI et de la BM, les bases de calcul diffèrent, sinon commet expliquer cette divergence.