Le président de la Fédération nationale des producteurs de pomme de terre, Ahssen Guedmani, promet des jours meilleurs pour le consommateur. « Le prix de la pomme de terre sur le marché va se stabiliser à hauteur de 40 DA le kilo à partir de la semaine prochaine », a-t-il assuré, hier, dans une intervention sur les ondes de la Chaîne I.

«Les prix de la pomme de terre vont commencer à diminuer progressivement. Ils devraient se stabiliser la semaine prochaine dans la fourchette des 40 dinars», a-t-il indiqué. En dépit du facteur contraignant des mauvaises conditions météo sur l’arrachage du tubercule, l’invité a dit prévoir une récolte de 1,8 million de tonnes pour la saison en cours. En sus, il a annoncé qu’en vue de réguler les prix, un total de 800 000 tonnes sera stocké pour couvrir deux mois de consommation, a-t-il tenu à souligner. D’une part, l’invité de la radio a indiqué que les champs de pommes de terre n’ont pas été affectés par les intempéries et qu’une quantité importante a été déstockée pour jouer sur les prix, a-t-il précisé. «Nous importons 20% de semences et l’Algérie a cessé d’importer la pomme de terre destinée à la consommation », a-t-il également insisté. «Le producteur local a fourni un grand effort étant donné que le rendement est passé à 400 quintaux/ha. En outre, il existe actuellement en Algérie 145 entreprises productrices de semences dont 120 spécialisées dans la production de semences de pomme de terre et proposant quelque 400 000 tonnes de semences», a-t-il aussi dit. Les arguments réconfortants d’Ahssen Guedmani ne trouvent, cependant, pas d’écho chez les mandataires. En effet, Mohamed Medjber, président de la Commission nationale des mandataires des marchés de gros, ne propose rien de moins que de «plafonner les prix». Il dit estimer que les prévisions de Guedmani peuvent aller bien au-delà. «Le consommateur peut allègrement se procurer le tubercule à raison de 35 DA/kg au détail». Actuellement, et sur quelques marchés de la banlieue d’Alger, le kilo de pomme de terre a frôlé la barre des 80 DA/kg. La raison, en plus d’une régulation inadaptée, trouve origine dans la spéculation, tranche Medjber. «Il faut agir sur les mécanismes de régulation comme le Syrpalac, système de régulation des produits agricoles de large consommation. Il faut inonder le marché et proposer des marges fixes, aussi bien pour le grossiste que pour le détaillant», dit-il. Toutefois, il fait preuve d’optimisme, en indiquant que les bonnes conditions météo, si elles perdurent, vont permettre aux producteurs de mettre sur le marché leurs récoltes. «Les récoltes de Mostaganem, d’El Oued, une région que vient de surclasser Mascara, si elles sont livrées à temps, vont considérablement contribuer à des prix raisonnables pour le consommateur ». « Mais j’insiste que la régulation doit être de rigueur», enchaîne Medjber.