Après les pâtes alimentaires et les légumes secs, c’est au tour de certaines marques d’huiles de table de connaître, elles aussi, une augmentation des prix. C’est du moins ce qu’ont confirmé à Reporters quelques grossistes activant à Oued Smar (wilaya d’Alger) lors de notre passage hier en ce lieu du commerce en gros en produits alimentaires.
Selon ces derniers, ils ont été surpris au niveau des dépositaires, au milieu de la semaine passée, par une majoration des prix sur les huiles de table de certaines marques. La raison invoquée par les patrons d’entrepôt (dépositaires) réside dans le fait que des producteurs ont revu à la hausse leur prix d’usine. «Chez ces derniers, la bouteille d’un litre a connu une majoration de 10 DA, 15 DA sur celle de 2 litres et, enfin, 20 DA sur les bidons de 5 litres», nous précise le président de l’Association des grossistes de Oued Smar, Walid Messaoud, contacté par Reporters.
Il n’en dira pas plus sur la raison de cette hausse si ce n’est que les dépositaires leur ont témoigné qu’au niveau des usines de production il y a une hausse de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) en plus que les achats sont facturés en bonne et due forme. Pour en savoir un peu plus, Reporters s’est rapproché du service commercial de ACG Sim spa, filiale du Groupe Sim, qui produit de l’huile de table sous l’appellation commerciale «Sim, Bahia». On confirme que le groupe industriel a effectivement procédé à des augmentations de ses tarifs variant entre 10 DA et 20 DA selon la contenance de l’emballage, non sans donner des explications à cette majoration. Notre locuteur nous renvoyant à plus tard. Du côté du groupe Cevital agro-industrie, qui possède une part de marché importante dans les huiles de table, c’est la même affirmation. Le responsable commercial atteste, en effet, que son groupe a revu à la hausse les tarifs sortie d’usine, dans une fourchette qui se situe entre 10 et 25 DA selon la contenance du récipient.
Par ailleurs, Reporters s’est rapproché du président de l’Association nationale des commerçants et artisans (ANCA) ,Hadj Tahar Boulenouar, afin de savoir s’il détient des informations sur la vraie raison qui a poussé certains producteurs d’huiles de procéder à ces majorations. Le responsable de l’ANCA dira d’après ces sources que les producteurs concernés, car ils ne sont pas tous à avoir procédé à une hausse de leur tarif, «invoquent une majoration du coût à la production qui leur semble élevée. Ils n’ont donc pas d’autre choix pour garder une marge bénéficiaire qui puisse les maintenir en activité que de revoir à la hausse leur prix sortie d’usine». Pour être plus explicite concernant le point précis du coût à la production, Hadj Tahar Boulanouar fera remarquer que la matière première étant intégralement importée a connu une hausse de son prix à l’international. Un argumentaire repris majoritairement par les producteurs d’huile de table ainsi que ceux des pâtes et des importateurs de légumes secs en vrac et conditionnés par la suite localement. Autres raisons du surcoût à la production «la dévaluation du dinar et le transport maritime dont le tarif à lui aussi connu une ascension rapide», détaille le président de l’ANCA.
Il importe de rappeler dans la foulée qu’avant cette augmentation des prix sur les huiles de table, les pâtes alimentaires et les légumes secs ont connu dès le début de l’année en cours des hausses significatives sur leur prix au niveau des commerces au détail.
On peut citer les spaghettis passant de 50 à 65 DA le paquet de 500 grammes, les haricots blancs de 270 à 330 DA le kilogramme, le pois cassé de 90 à 120 DA/kg, les pois-chiches 180 à 220 DA/kg et enfin les lentilles de 200 à 220 DA/kg.
En définitive, ces hausses de prix sur l’huile de table, les pâtes et légumes secs, produits alimentaires indispensables pour la réalisation de nombreux plats très prisés par une grande frange de la population auront un impact négatif sur le pouvoir d’achat des Algériens. C’est donc une année 2021 difficile à laquelle doivent s’attendre les petits budgets, voire même les moyens.