Jeudi dernier, le ministre du Commerce a déclaré que son département allait autoriser la pratique des « réductions exceptionnelles » sur tous les produits de consommation durant le mois de Ramadhan 2020. Ce sera de la part de ce ministère une manière d’innover et d’encourager des soldes « spécial mois du jeûne », a-t-on cru comprendre.
Selon Kamel Rezig, les commerçants seront autorisés d’appliquer à cet effet un prix préférentiel aux produits, indiquant qu’aucun seuil n’a été fixé aux prix pour permettre aux commerçants de choisir le taux de réduction. Rappelant que son ministère appliquait, auparavant, des sanctions aux commerçants qui réduisaient le prix de leurs produits au-delà du prix légalement autorisé dans le cadre des règles de la concurrence, il a estimé que les nouvelles mesures devraient conduire à une baisse des prix des produits de large consommation.
« Le mois de Ramadhan de cette année sera clément pour le citoyen grâce à l’application de réductions sur les différents produits alimentaires et autres fournitures nécessaires », a-t-il affirmé, ajoutant que « des textes juridiques ont été soumis au Premier ministre pour adoption en sus de la constitution de groupes de travail chargés d’engager les préparatifs nécessaires à l’application de ces mesures ».
M. Rezig a ajouté que son département va « solliciter le Premier ministre de plafonner les prix des produits de large consommation et même la marge de bénéfice s’il est nécessaire », indiquant par la même occasion que la Chambre algérienne de commerce et d’industrie (CACI) a été instruite pour organiser des expositions à travers les 48 wilayas durant ce Ramadhan, à raison d’une exposition par wilaya. Ce qui, au passage, a déjà existé auparavant à travers les initiatives prises par des collectifs associatifs ou même par la centrale syndicale UGTA. Selon le ministre, tous les représentants du ministère et des chambres de commerce des wilayas seront mobilisés pour la mise en œuvre de ces mesures afin d’assurer le bien-être du citoyen durant le Ramadhan, mettant les différentes parties en garde contre le non-respect des lois et des mesures prises.
Son initiative a été saluée hier par le président de l’Association des commerçants et artisans algériens (ANCA), Hadj Tahar Boulenouar, qui a déclaré « soutenir toutes les mesures profitables au consommateur ».
En rappelant que la vente promotionnelle et la vente en solde « ne sont pas une première en Algérie », le président de l’ANCA indique que ce sera une première pour le Ramadhan. Il a affirmé que son association va sensibiliser ses adhérents ainsi que l’ensemble des commerçants à « adhérer à cette démarche bénéfique pour tous ». D’autant, a-t-il dit, qu’elle va intervenir « durant un mois propice à la spéculation et à la flambée des prix ». D’où la question est-ce que les commerçants et marchands des produits de large consommation, en particulier les produits alimentaires, vont suivre ? Sachant, également, qu’ils sont le « maillon faible » de la chaîne et qu’ils « dépendent » de la vente en gros et du demi-gros. Pour M. Boulenouar, « il faut impliquer aussi les producteurs dans cette démarche afin qu’ils réduisent leur marge bénéficiaire », mais il n’est pas sûr que cela soit la seule garantie à prendre dans un système de distribution dérégulé et qui échappe au contrôle. Le président de l’ANCA s’inquiète, par ailleurs, des retombées climatiques. « Le manque de pluies, s’il perdure, va nécessairement conduire à augmenter les prix des fruits et légumes ».
« C’est évident », a-t-il regretté.