Par Bouzid Chalabi
Déjà confronté à la cherté des produits alimentaires manufacturés, le citoyen fait de nouveau face à une flambée des prix sur des légumes de très large consommation. Du coup, son pouvoir d’achat se lamine encore plus.
La mercuriale de ces derniers jours reste marquée par une hausse des prix sur de nombreux légumes très prisés par les ménages. Mais c’est surtout la pomme de terre, la plus demandée par les foyers, qui détient la palme puisqu’elle est affichée sur les étals des marchés de la capitale à 80 DA le kilogramme, voire 90 DA, chez certains détaillants. S’ensuit le piment doux proposé entre 150 et 180 DA le kilo, les haricots verts et la salade, 250 DA, la tomate, cédée à 120 DA, contre 90 DA, il y a dix jours.
Par contre, d’autres produits maraîchers frais, comme la carotte, la betterave, la courgette et le concombre, leurs prix restent stables. C’est pour dire, qu’en somme, une telle mercuriale met dans l’inconfort une grande frange de la population aux revenus modestes. Comme on peut avancer que cette cherté des prix sur les marchés des fruits et légumes a fini par exacerber beaucoup de citoyens. Et comment ne pas l’être devant une augmentation qui, à leurs yeux, ne peut se justifier si ce n’est de pointer du doigt les spéculateurs toujours à l’affût de la moindre occasion pour faire grimper les prix, aidés en cela par le gros appétit à vouloir gagner plus des intervenants en amont à en aval du circuit production-commercialisation. C’est devenu en effet une réalité de terrain récurrente.

La régulation du marché des fruits et légumes aux abonnés absents
Cependant, du côté des ministères de l’Agriculture et du Commerce, parties prenantes dans les circuits suscités, c’est chaque fois le même son de cloche. Pour le premier on invoque, chaque fois qu’il y a une hausse du prix de la pomme de terre, la période de soudure entre les deux grandes périodes de récolte, avec comme résultat une offre sur le marché très en deçà par rapport à la demande. Et pour rassurer les citoyens on annonce que «des quantités importantes de pommes de terre issues des chambres froides vont inonder le marché de sorte à annihiler la spéculation sur la tubercule fraîche, provenant de régions du pays où la cueillette est précoce, mais dont la production est nettement inférieure à la demande sur le marché de gros». Mais toujours est-il que la pomme de terre issue des chambres froides reste boudée par les ménages parce qu’elle a été mal conservée. Autrement dit, son aspect repoussant incite le citoyen à tourner le dos à cette pomme de terre mal réfrigérée pour se rabattre sur celle plus fraîche en dépit de sa cherté.
Concernant les autres légumes dont le prix flambe par période de l’année, là aussi, on invoque qu’ils ne sont pas de saison. Un argument qui de loin ne tient pas la route pour la simple raison que la pratique de la culture sous serre offre la possibilité aux maraîchers de produire à longueur de saisons. Du coup, il est facile de déduire que certains collecteurs livreurs, maillon important dans le circuit, car ce sont eux qui approvisionnent les marchés de gros des fruits et légumes, imposent leur diktat en décidant à leur guise des prix à pratiquer.
Quant aux responsables de la régulation du marché du ministère du Commerce, ils se contentent de mener des opérations de contrôle sporadiques, là ils ont eu vent que de grosses quantités de fruits et légumes sont stockées à des fins spéculatives. Ces contrôles se soldent par des saisies alors que des quantités importantes échappent à la vigilance des agents de contrôle relevant des services de la régulation.
Ceci dit, à la cherté des prix des légumes de large consommation, comme détaillé auparavant, sont venues s’ajouter les fluctuations à la hausse des prix des produits carnés (viande blanche et rouge ) et aussi la longue liste de produits alimentaires manufacturés, qui ont connu cette année, eux aussi, une hausse des prix sur les étals des commerces. En somme, la conjugaison des hausses des prix des produits alimentaires de base est devenue par la force des choses un défi que doit relever au quotidien une très large couche de la population.