Les mécanismes juridiques ainsi que les mesures destinés à maîtriser la consommation énergétique, par sa rationalisation et la diversification de ses sources de génération, sont en train de prendre forme, en droite ligne avec la politique du gouvernement en la matière.


Un engagement qui commence sur le plan de la loi, avec la publication de deux arrêtés interministériels dans le Journal officiel qui définissent les sources de financement et les dépenses du Fonds pour la maîtrise de l’énergie et pour les énergies renouvelables et de la cogénération, ainsi que les modalités de son évaluation, sachant que ce fonds est alimenté essentiellement à hauteur de 1% de la redevance pétrolière. Pour ce qui est de la maîtrise de l’énergie, les recettes proviennent principalement des subventions de l’Etat et des produits générés à partir de la taxe sur la consommation nationale de l’énergie et des taxes sur les appareils énergivores instituées dans la loi de finances pour 2017 et qui « surenchérissent » un appareil énergivore jusqu’à plus 35%.
Mais ce dernier point pourrait se voir compléter par une mesure « draconienne » proposée par l’Agence nationale pour la promotion et la rationalisation de l’utilisation de l’énergie (APRUE). Il s’agit de l’interdiction pure et simple de ce genre d’appareils, selon ce qu’a expliqué le directeur général de l’agence énergétique, Mohamed Salah Bouzeriba, hier à Blida, au cours d’une journée technique sur la réduction de la facture d’électricité. « On œuvrera, à l’ avenir, en vue d’interdire l’importation des équipements électroménagers et électroniques à haute consommation énergétique », a-t-il affirmé, annonçant dans la foulée que cette démarche prévoit également de soumettre tous les produits fonctionnant à l’électricité à « des analyses, en vue de s’assurer de leur conformité aux caractéristiques portées sur les étiquettes ». Et de promettre « le passage de la société algérienne d’une ère de gaspillage de l’électricité à une ère de rationalisation de sa consommation, un projet qui est tributaire de deux conditions, qui sont l’adoption de technologies propres à faible consommation énergétique et le changement du mode de vie des gens, tant à la maison, au bureau et même dans la rue ». D’où justement la publication de textes réglementaires sur le fonds pour la maîtrise énergétique, dont les dépenses seront inscrites dans le cadre de la promotion des énergies renouvelables et de la cogénération, aux projets de production d’électricité à partir de sources d’énergie renouvelable, à l’achat d’équipements et aux actions de formation. Entre-temps, dans le chapitre « hydrocarbures », ce sont près de 20 000 véhicules qui ont été convertis au GPL, cette fois-ci au titre du projet national visant la conversion de plus d’un million de véhicules roulant au gasoil/essence vers le GPL/C, et ce, à l’horizon 2030. D’ailleurs, ce programme de reconversion inscrit dans l’agenda de l’Aprue, mandatée par le gouvernement pour mener le nouveau programme d’efficacité énergétique – lancé en 2015 – avec comme objectif la conversion de 1,3 million de véhicules au GPL profite de campagnes régulières organisées en vue de sensibiliser le plus grand nombre possible d’usagers de la route sur l’intérêt de cette énergie « économique et amie de l’environnement ». Au-delà, il faudrait s’attendre à l’avenir à davantage de mesures dans l’objectif de « raisonner » la consommation énergétique, et on commence d’ores et déjà à parler d’une loi qui obligera les opérateurs engagés dans les projets de construction à exploiter des matériaux à faible consommation énergétique.