Par Feriel Nourine
A travers le projet de loi de finances complémentaire 2021, le gouvernement affiche clairement sa volonté à encourager la consommation du gaz de pétrole liquéfié carburant (GPLc). En ce sens, l’article 8 du texte de loi vise à compléter les dispositions de l’article 219 du code des impôts directs et taxes assimilées en proposant une réduction de 75% au titre du chiffre d’affaires des installateurs de kits destinés à l’utilisation de ce type de carburant. Cette mesure, si elle venait à être appliquée, viendra élargir le dispositif de soutien mis en place pour la promotion du Sirghaz, dont la mesure introduite par l’article 22 de la loi de finances 2021, qui encourage les gérants de stations-service investissant dans sa commercialisation, ainsi que le GNC, en leur accordant le même taux de réduction.
Or, il est assez clair que la promotion de l’usage du GPLc passe aussi par la fabrication en quantité suffisantes de kits de conversion, de sorte à subvenir à une demande en hausse sur ce registre.
C’est pourquoi, la mesure introduite par le PLFC 2021 à l’adresse des fabricants de kits pourrait faire croître sensiblement l’offre de ce type de matériel et permettre aux pouvoirs publics de poursuivre la promotion du GPLc pour son caractère respectueux de l’environnement mais aussi, et surtout, pour mettre fin aux importations de carburants, notamment le gasoil, consommé à hauteur de 10 millions de tonnes par an, dont 8,5 millions produites localement par des raffineries de Sonatrach et 1,5 million était assuré par le recours à l’importation.
Ce qui pousse les autorités concernées à réfléchir à l’élargissement des kits de conversion aux véhicules roulant au gasoil, sachant que ces kits sont actuellement fournis pour les seuls véhicules roulant à l’essence.
Selon le président de l’ARH, un projet d’étude sur l’opportunité de réaliser une usine de fabrication de ce type de kits en Algérie avait été engagé.
Ce type de projet pourrait se faire en partenariat avec des installateurs locaux, estime le président de l’Autorité de régulation des hydrocarbures (ARH), Rachid Nadil. Ce dernier donne l’exemple de résultats «satisfaisants» en matière d’économie de carburant donnés après des expérimentations effectuées en Algérie sur des véhicules diesel utilisant le système de dual fuel (GPLc+gasoil).
La concrétisation de ce projet permettra, a-t-il relevé, au pays de réduire la consommation nationale de gasoil à plus de 30 % sur les véhicules dotés de ces kits, évalue le même responsable.
En attendant les kits de conversion pour la motorisation diesel, ceux destinés à la motorisation essence sont en train de connaître un engouement certains de la part des automobilistes, notamment après les augmentations qui ont marqué les prix des autres carburants, contrairement au Sirghaz, maintenu au tarif très attrayant de 9 DA le litre.
Les résultats des efforts déployés ces dernières années par l’Etat pour promouvoir le GPLc se vérifient aussi à travers les volumes de consommations atteints. Lesquels ont atteint 1,02 million de tonnes en 2020, soit une hausse de 18% par rapport à 2019 (859.257 tonnes), fait savoir M. Nadil, inscrivant ces chiffres dans la continuité de la croissance extraordinaire de ces dernières années, a-t-il estimé. «Aujourd’hui, nous assistons à une véritable ruée vers le GPLc», souligne-t-il.
Pour rappel, et outre les efforts consentis pour la promotion du Sirghaz, les pouvoirs publics ont décidé de mettre fin à la commercialisation de l’essence super avec plomb au niveau des stations-services dès le début juillet
prochain, au lieu du mois d’octobre comme annoncé initialement, avait indiqué le président du Comité de direction de l’Autorité de régulation des hydrocarbures (ARH), Rachid Nadil.
L’Algérie avait décidé aussi d’abandonner cette essence plombée dans le cadre de sa politique visant à mettre fin à l’importation des carburants. En effet, les raffineries algériennes avaient cessé en 2020 de produire l’essence plombée, les capacités de production sont donc orientées vers le sans plomb, a-t-il signalé, ce qui va permettre d’atteindre l’autosuffisance en la matière. Sonatrach dispose de capacités de production de 4 millions de tonnes d’essences par an, tandis que la consommation nationale est estimée à une moyenne de 3,7 millions de tonnes par an. <