Le Centre commercial de Bab Ezzouar était hier à l’heure du «Black Friday», comme dans quasiment tous les commerces en Algérie. L’évènement a commencé dès 8 heures du matin. Les clients étaient nombreux à se précipiter dès l’ouverture des magasins pour bénéficier des promotions allant jusqu’à moins 70%.

On ne parlait que de ça ces derniers jours. Le Black Friday, une opération commerciale importée, il y a quelques années, des Etats-Unis, et qui s’invite dorénavant en Algérie. Ambiance dans le centre le Bab Ezzouar, hier matin.

En effet, c’était un vendredi de folie où tous les achats étaient permis ! Le phénomène américain du «Black Friday», qui a débarqué en Algérie en 2015, a drainé une foule impressionnante au Centre commercial de Bab Ezzouar d’Alger. Les abords du Centre étaient un peu difficiles d’accès en raison d’une forte affluence. Sur toutes les devantures, ou presque, des magasins des affiches annonçaient un «vendredi noir». Certains magasins vont plus loin, en affichant des prix des plus attrayants, pantalon à 1 000 DA, pull à 600 DA, chaussures à 2 000 DA, ensemble jean et chemise à 2 500 DA… Il semble donc y en avoir pour tous les goûts et surtout pour toutes les bourses. Lors d’une petite tournée au centre commercial de Bab Ezzouar, les clients semblaient être pris de frénésie et vouloir tout dévaliser. On a pu constater l’ampleur de cette opération, pratiquée par la quasi-totalité des magasins. Une jeune fille accompagnée de sa mère, a décidé de ne pas rater cette occasion. «Nous étions au courant de ce Black Friday et, pour cette raison, nous sommes arrivées les premières pour profiter de ces occasions», affirme-t-elle. Ils sont nombreux comme elle à ne pas hésiter à mettre la main au porte-monnaie. Les commerçants se sont frotté les mains, notamment «en cette conjoncture où nos produits s’écoulent mal, en raison de l’augmentation des prix», selon le propriétaire d’un magasin. Les employés, renforcés pour la circonstance, sont dépassés. «On n’y arrive plus», avoue l’un d’eux au bord de la crise de nerfs. Il semble donc y avoir pour tous les goûts et surtout pour toutes les bourses. Mais gare aux mauvaises surprises ! Si certaines affiches tiennent parole, d’autres ne semblent être que de la poudre aux yeux. En effet, les avis des clients divergent quant à l’efficacité des soldes. Ils estiment que c’est l’occasion d’acquérir des produits à bas prix, où les démarques sont respectées, et d’autres y voient une véritable arnaque pour attirer les clients. C’est le cas de Kamilia et Faouzi, un jeune couple, qui parle carrément d’arnaque de ce genre d’évènement. «L’annonce de cette journée n’est qu’un appât pour attirer les clients et une pratique qui reflète la cupidité des commerçants, notamment ceux qui annoncent des réductions de 80% des prix», estiment-ils. «Plusieurs magasins mettent en évidence sur leurs devantures des affiches de soldes et de réductions, mais une fois dans le magasin, le client découvre à sa grande surprise que les réductions ne concernent pas les produits qui l’intéressent», se désolent certains. Fella, elle, estime avoir été arnaquée par certaines grandes marques qui vendent pendant les soldes plus cher que durant la période normale.
Cependant, le «Black Friday» n’a pour le moment aucun cadre juridique. Ce n’est pas le même cas que les soldes d’hiver ou d’été, où le commerçant contrevenant au règlement et coupable de dépassements est mis en demeure. Si l’infraction se répète, un procès-verbal sera établi contre le concerné pour publicité mensongère, conformément à la loi 04/02 du 23 juin 2004 relative aux modalités d’exercice d’activités commerciales.