La «Journée internationale des droits des consommateurs» célébrée hier est survenue dans des conditions spécifiques en Algérie. Elle sonne plutôt faux au niveau local. Il suffit de changer «internationale» de l’intitulé, par nationale, pour irrémédiablement remplacer «droits» par «non-droits». C’est un sentiment que la quasi-majorité des consommateurs algériens éprouvent depuis des lustres, et qui reste toujours d’actualité.
C’est même presque indécent d’évoquer une quelconque célébration de cette journée internationale dans la conjoncture actuelle. Les familles algériennes, encore une fois, subissent une vertigineuse augmentation des prix des produits de grande consommation. Avec résignation, elles semblent accepter la situation, se contentant au plus de vociférer par-ci et par-là. Pis encore, même en acceptant la cherté des prix, le consommateur algérien se retrouve face à une pénurie. Ce qui se passe depuis quelques jours sur un produit spécifique, en l’occurrence l’huile de tournesol, en est l’illustration. Voilà que le prix a fortement augmenté (jusqu’à 40%), et en plus, il est difficile de se le procurer dans les points de vente habituel. Cette situation touche Alger et plusieurs autres villes du pays et risque même d’empirer d’ici quelques jours. Avec l’approche du mois de ramadhan, d’autres produits de forte consommation risquent d’avoir le «même cheminement» que l’huile de tournesol et au bout, la grande victime, c’est toujours le consommateur algérien.
Il est vrai que ce dernier ne connait pas ses droits et ne fait pas d’efforts pour les connaitre. Un constat, à force de le répéter depuis longtemps, qui est devenu vieillot et, à la longue, lourd à lire. Il est d’autant désuet que même les rares associations algériennes de défense des consommateurs le répètent à satiété sans pouvoir y changer quelque chose.
Cet état des lieux vient montrer l’importance de mettre en avant la citoyenneté. La société de consommation, en Algérie, et il ne faut pas se voiler la face, est bien là, palpable et omniprésente. Se contenter de la subir avec résignation est évidemment une attitude à «évincer». Pour y arriver, n’est-il pas adéquat de transformer le pouvoir de la consommation, bien réel, en une force motrice ! celle d’un «Consom’Acteur».
La classe politique actuelle (en espérant une véritable renaissance) étant inexistante sur le terrain sociétal, la clé ne pourra parvenir que d’une société civile active. Les citoyens-consommateurs n’ont pas à être des éternelles victimes. L’exemple de la campagne BDS (Boycott Désinvestissement Sanctions) initiée, par la société civile palestinienne, et relayée dans de nombreux pays, est édifiant. Lancée pour appeler au boycott (entre autres) des produits économiques de l’entité sioniste, ce «mouvement» ne cesse de gagner des points. Une version DZ de BDS pourrait bien être une des solutions contre les spéculateurs de l’économie nationale.