Tirer les leçons de tout ce qui a secoué l’Algérie depuis le début de la propagation de la Covid-19 ne peut être conjugué au futur. Même au présent, c’est déjà en retard. Trop de morts, trop de vies brisées, trop de familles anéanties pour se permettre de tergiverser.
Pour prendre les devants, l’une des priorités est sans aucun doute de valoriser le personnel de santé, qui est au front depuis l’émergence de la pandémie et qui en a payé le prix fort. Tout le pays a une dette envers lui. Il y a eu tout de même près de 500 décès parmi le personnel soignant, dont plus de 262 médecins depuis février 2020. Des pertes sur tous les plans. Des pertes qui ne doivent pas être inutiles.
Pour cela, la perception ne peut plus être la même que celle qui a été appliquée auparavant dans le secteur. Que ce soit de la part du citoyen lambda ou des pouvoirs publics. D’où l’importance de répondre aux doléances des syndicats représentants (légitimes bien sûr) du personnel de la santé.
L’entretien (à lire dans l’édition d’aujourd’hui) accordé à Reporters, par le Dr Mohamed Yousfi, président du Syndicat national des praticiens spécialisés de la santé publique (SNPSSP) donne un aperçu de l’énorme décalage entre les discours, les promesses et la réalité du terrain. Il demande tout simplement la concrétisation des décisions, en évoquant surtout deux revendications, la révision du statut particulier et l’application des mesures incitatives pour l’abrogation du service civil, dont seuls les spécialistes de la santé sont concernés. Des problèmes remontant à plus de 20 ans et qui n’ont toujours pas été résolus.
Cela devrait être plus qu’une urgence. La Covid-19 est toujours là, et les risques d’une autre vague ne sont pas écartés. Il faut, également, rappeler que la santé n’est pas seulement la pandémie. De nombreuses autres maladies frappent des milliers d’Algériens et ces derniers se retrouvent encore, et toujours, avec la double casquette de patient et victime du système sanitaire.
Répondre aux sollicitations des médecins, c’est un respect pour eux et, également, pour les citoyens.