Le Front Polisario maintient inchangée sa position à l’égard des sociétés étrangères présentes au Sahara occidental sous la coupe de l’occupant marocain, considérant cette présence comme une «violation flagrante» des dispositions du droit international. C’est pourquoi, il a profité des travaux de la cinquième session ordinaire de son Secrétariat national pour réitérer son appel à ces sociétés à «se retirer immédiatement» du territoire sahraoui, indique un communiqué sanctionnant ces travaux.

Synthèse de Feriel Nourine
Il s’agit d’un appel «urgent» que le Front a lancé à l’adresse de «toutes les sociétés étrangères impliquées par les autorités de l’occupation marocaine, afin de quitter immédiatement le territoire sahraoui», rapporte l’Agence de presse sahraouie (SPS). La présence dans la région de ces sociétés «est une violation flagrante des dispositions du droit international», souligne le communiqué.
Le Front Polisario revient sur l’appel introduit par le Conseil européen, conjointement avec l’Espagne et la France, estimant qu’il est «source de préoccupation profonde», dans la mesure où «il démontre la conspiration montée par certaines parties européennes avec l’occupant marocain, pour continuer à piller les richesses du peuple sahraoui, et témoigne de la tentative d’entraver le processus de décolonisation».
L’annulation des deux accords signés entre l’Union européenne et la puissance occupante et élargis au territoire sahraoui «consacre au Front le statut de seul représentant légitime du peuple sahraoui en mesure de plaider pour ses droits et défendre ses intérêts», a souligné le Secrétariat national.
D’autre part, le Front Polisario a condamné «le rôle négatif» joué par la France depuis le déclenchement du conflit au Sahara occidental, affirmant qu’il «ne cessera pas de revendiquer à ce pays, aujourd’hui à deux doigts de la présidence de l’Union européenne, outre sa qualité de membre permanent au Conseil de sécurité, une contribution positive et de manière constructive à établir la paix et la sécurité dans la région, en permettant au peuple sahraoui d’exercer son droit inaliénable à la liberté et à l’indépendance».
Septembre dernier, le Tribunal européen a décidé d’annuler les accords de pêche et d’agriculture UE/Maroc élargis au Sahara occidental occupé, affirmant qu’ils ont été conclus en violation de la décision de la Cour de justice de l’UE (CJUE) de 2016 et sans le consentement du peuple sahraoui.
Au début de l’année en cours, ils étaient une trentaine de pays à investir illégalement dans les territoires sahraouis occupés dans différents secteurs d’activité, avait alors indiqué un rapport du Centre d’études et de documentation franco-sahraoui, signalant que les investissements dans les territoires occupés représentent un acte illégal.
L’Espagne est le pays qui investit le plus au Sahara occidental avec, en tout, 28 entreprises, suivie de la France (16) et de l’Allemagne (15). Des entreprises originaires de lointains pays tels que le Bangladesh, Singapour ou la Nouvelle-Zélande sont également présentes au Sahara occidental.
La pêche et le transport maritime figurent en tête des secteurs dans lesquels les sociétés étrangères activent au Sahara Occidental. Les firmes étrangères sont également présentes dans les secteurs des énergies conventionnelles et renouvelables, des mines, essentiellement dans l’extraction du phosphate, la construction, les finances et le sport.
Le rapport indique, en outre, que près de quarante compagnies étrangères ont quitté le Sahara occidental dernièrement. La plupart d’entre elles, 19 compagnies, faisaient de l’extraction du phosphate, une dizaine travaillaient dans le secteur de l’énergie au moment où le reste des entreprises activaient dans les secteurs des finances, de la pêche, de la livraison maritime et des mines. <